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Vivian Barbot monte au créneau pour l'industrie du textile

André Desroches par André Desroches
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Article mis en ligne le 24 novembre 2006 à 14:06
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Vivian Barbot monte au créneau pour l'industrie du textile
Vivian Barbot : «Ça fait longtemps que l'on prévoit, que l'on sait ce qui va arriver. Le gouvernement n'a pas pris ça au sérieux». (Photo: Régent Gosselin)
Vivian Barbot monte au créneau pour l'industrie du textile
Le Bloc québécois presse le gouvernement Harper d'adopter des mesures pour stopper la saignée qui frappe l'industrie du vêtement et du textile, aux prises avec la concurrence asiatique, particulièrement la Chine. Les bloquistes réclament également un programme de soutien au revenu pour les travailleurs âgés victimes de licenciements massifs.
Décembre 2004. Six usines de textile ferment leurs portes à Huntingdon. Plus de 800 personnes perdent leur emploi. En octobre dernier, le manufacturier de vêtements Cardinal, situé rue Saint-Viateur, annonce la relocalisation de ses activités en Chine. Quatre-vingt-cinq travailleurs écopent.

Depuis l'arrivée à terme, le 31 décembre 2004, de l'Accord sur les textiles et les vêtements, le secteur perd des plumes au profit de la concurrence étrangère. L'accord protectionniste, négocié dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce, était en vigueur depuis 1995. Il permettait de limiter temporairement les importations de textiles en provenance de pays où les salaires sont peu élevés. La fin de l'accord signifie que les frontières du Canada sont plus ouvertes aux importations.

La moitié des industries du textile et du vêtement canadiennes sont situées au Québec. On parle de près de 100 000 emplois directs.

Le 16 novembre, un groupe de députés du Bloc québécois, dont la députée de Papineau, Vivian Barbot, est monté au créneau pour exiger du gouvernement des mesures pour stopper l'hémorragie.

Le point de presse avait lieu devant l'entreprise Peter Stone Fashion, située dans Saint-Michel, qui emploie quelque 200 travailleurs.

«Ça fait longtemps que l'on prévoit, que l'on sait ce qui va arriver. Le gouvernement n'a pas pris ça au sérieux», déplore Vivian Barbot.

Dans Papineau, à peu près tous les emplois liés au secteur ont été perdus au cours des dernières années, signale la députée.

Le Bloc dénonce l'inaction du gouvernement, qui a pourtant des leviers à sa disposition. Il est notamment possible de maintenir les tarifs à l’importation de vêtements et du textile, tout en instaurant des quotas sur les importations chinoises en vertu du Protocole d’accession de la Chine à l’OMC.

«Des quotas à l'importation ? Absolument», lance la députée de Papineau. «Le gouvernement est là pour protéger les travailleurs», soutient-elle. «Il a un devoir social.»

Cette industrie joue par ailleurs le rôle de porte d'entrée pour des travailleurs peu ou pas qualifiés. C'est aussi le premier boulot de bon nombre de nouveaux arrivants. «Ce sont des emplois accessibles qui demandent peu de qualification», souligne Vivian Barbot. La main-d'œuvre du secteur de production est composée à 75 % de femmes et à 57 % d'immigrants.
Aide aux travailleurs âgés
Qui dit fermeture d'entreprises dans le secteur manufacturier dit licenciement collectif et parfois massif. Le Bloc demande l'instauration d'un nouveau programme de soutien du revenu pour les travailleurs âgés mis à pied, et ce, dans toutes les régions et pour tous les secteurs économiques.
Vivian Barbot et le Bloc demandent la réinstauration du Programme d'adaptation pour les travailleurs âgés (PATA), mis sur pied en 1988 et aboli en 1997 par le ministre fédéral des Finances de l'époque, Paul Martin.

Depuis l'abolition du PATA, aucun véritable programme permanent n'a été mis en place pour aider ces travailleurs.

Le programme permettait le paiement de prestations aux travailleurs de 55 à 64 ans non reclassables qui avaient perdu leur emploi par suite de licenciements majeurs permanents en établissant un pont entre les prestations d'assurance-emploi et celles de la Régie des rentes, rappelle Vivian Barbot.

Pour pallier à l'abolition du PATA, les conservateurs ont mis en place l’Initiative ciblée pour les travailleurs âgés (ICTA). Le projet pilote de 19 millions $ sur deux ans mise sur la formation et exclut les régions métropolitaines de 250 000 habitants et plus. Rien pour Montréal, donc.

Pour Vivian Barbot, le programme conservateur s'avère de bien peu d'utilité dans le cas d'une personne âgée de plus de 55 ans qui a travaillé 30 ou 35 ans pour la même entreprise. «C'est un peu utopique de penser à un reclassement», juge-t-elle.

Le Bloc estime que le coût d'un PATA serait d'environ 55 millions pour le gouvernement fédéral pour la première année et de 75 millions pour les années suivantes.

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