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Manger bio à l’hôpital

Alimentation institutionnelle responsable

par Marie-Soleil Desautels
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Article mis en ligne le 2 juin 2009 à 8:00
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Manger bio à l’hôpital
Les fermiers livrent leurs paniers biologiques dans le stationnement de l'Hôpital Jean-Talon où les gens viennent les recueillir. (Photo: Courtoisie)
Manger bio à l’hôpital
Alimentation institutionnelle responsable
Manger biologique et local à l’hôpital est possible : l’hôpital Jean-Talon, du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Cœur-de-l’Île, le démontre.
Topinambours, bettes à carde, aubergines et tomates figurent parmi les légumes biologiques au menu de la cafétéria de l’hôpital Jean-Talon. «En plus d’être avant-gardiste, l’établissement offre une nourriture plus savoureuse, plus nutritive et de meilleure qualité», détaille Chantal Bouchard, chef du service de la nutrition et des activités d'alimentation à l’hôpital Jean-Talon.

L’établissement s’est associé en juin 2007 au projet pilote d’alimentation institutionnelle responsable, À la soupe!, de l’organisme Équiterre. D’une durée de trois ans et avec un volet éducatif, le projet favorise l’alimentation saine, citoyenne et durable en jumelant une ferme écologique locale avec un établissement de santé ou une école. Jean-Talon est le seul hôpital inscrit au projet pilote. Équiterre documente la démarche pour guider les futurs participants qui doivent s’associer avec des fermiers, changer leurs politiques d’achats… et leurs menus!

Les cuisiniers de l’hôpital Jean-Talon concoctent ainsi de nouvelles recettes à partir d’une liste des légumes envoyée par le fermier. «La clientèle apprécie car la consommation de légumes a augmenté de 30%», enchaîne Chantal Bouchard.

Les légumes de la ferme sont d’abord servis aux 400 repas quotidiens à la cafétéria de l’hôpital. Au meilleur de la récolte, jusqu’à 40% des légumes cuisinés proviennent de la ferme partenaire qui fournit l’établissement entre juin et octobre. Les coûts sont cependant entre 5 à 10% plus élevés. «Pour offrir les produits bios, nous économisons, par exemple, en servant plus de légumineuses que de viande dans un couscous royal», illustre Céline Coupal, assistante de Chantal Bouchard.
Peu de bio pour les patients
Mais les patients goûtent rarement aux légumes biologiques. «La quantité reçue est encore insuffisante pour pourvoir aux quelque 800 repas par jour servis aux patients, explique Céline Coupal. Nous devons aussi respecter un régime alimentaire strict et nous n’avons pas les ressources humaines pour introduire certains légumes». Contrairement à celles du commerce, les carottes et les pommes de terre de la ferme n’arrivent pas pelées et coupées! Seules les laitues et les tomates se glissent facilement sur le plateau des patients.
Pour encourager ces choix écologiques à la maison, l’hôpital offre aussi un point de chute pour des paniers de légumes et de fruits biologiques préparés par la ferme. Employés ou citoyens peuvent ainsi s’en procurer un à chaque semaine. Cette année, l’hôpital est partenaire avec une autre ferme, Cabredor, et souhaite offrir plus que la dizaine de paniers bios de l’an dernier, assure Chantal Bouchard.

À la soupe! a permis au CSSS du Coeur-de-l'Île d’être accrédité comme établissement promoteur de la santé par l’Organisation mondiale de la Santé. «On doit parler de santé à l’hôpital et l’alimentation en est la base», rappelle Sylvie Lantier, aux communications du CSSS. Pour cet été, il y a encore du changement prévu à l’hôpital Jean-Talon: quelques fruits biologiques sucreront le menu!

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