Christine Brouillet et l'éternel aller-retour entre le réel et l'imaginaire. Photo: Jacques Pharand)
Nourrir l’imaginaire
Chrystine Brouillet a agi à titre de porte-parole de la 14e Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le 23 avril dernier. Avec les écrivaines Carole Massé (Secrets et pardons) et Micheline Bail (Frontenac) ainsi que Louise Tessier, chef de la collection nationale à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Mme Brouillet s'est penchée sur l'importance de la documentation comme moteur de l’imaginaire. Cette table ronde était animée par Pierre Monette.
Les écrivains se documentent-ils pour étayer une fiction? À quel moment prennent-ils certaines libertés? Comment effectuent-ils leurs recherches? Voilà le genre de questions abordées lors de la rencontre.
Un monde fascinant...
L'ouvrage historique demande son lot de recherche.
«Par exemple, pour Aurélie Laflamme, j'ai lu une centaine de livres, d'écrits et de documents qui parlent de l'époque ou qui ont été rédigés à cette période.» Chrystine Brouillet en a tiré des informations qu'elle a annotées sur des fiches et classées minutieusement selon leur importance.
Que font les auteurs face à un manque d'information, ce vide qui s'insère dans la trame et qu'il faut expliquer? «Ceux qui font dans le roman historique ont la possibilité de combler le vide par l'imaginaire, alors que les historiens doivent parfois avouer leur impuissance», commente Pierre Monette.
Mais l'imaginaire à ses limites... «J'aurais aimé faire voyager Marie de l'Incarnation mais elle n'est jamais sorite de son couvent!», rigole Mme Brouillet.
Avec Frontenac, Micheline Bail avoue avoir pris quelques libertés. «J'ai dû inventer pour combler des failles dans l'histoire. Par exemple, je n'avais même pas une description physique de lui, car pas une de celles qu'on nous sert dans nos manuels d'histoire n'est véridique!»
Gardienne de la mémoire collective
La Bibliothèque et Archives nationales du Québec est une véritable aubaine pour qui s'adonne à la recherche historique. «Histoire du parc Belmont, des Alouettes de Montréal, des Juifs au Québec, de Serge Garant et la révolution musicale...», autant de thèmes qui ont amené des auteurs, des étudiants, des recherchistes, entre autres, à farfouiller dans les archives et à les utiliser «dans le respect de la loi sur les droits d'auteurs», donne en exemple Louise Tessier.
Même chose pour les généalogistes en herbe qui ne se limitent plus à enfiler les noms sur les branches, dit-elle. «Ils veulent maintenant situer leurs ancêtres dans leur époque, savoir ce qu'ils mangeaient, sous quel régime politique ils vivaient, les préoccupations de l'époque, la mode, etc. Ça nous oblige à bien connaître nos collections!»