Éric Champagne travaille sur un projet d'opéra B.D. qui sera présenté au Cabaret du Lion d'or.
(Photo: Jacques Pharand)
Compositeur en deux temps trois mouvements
Éric Champagne, employé à la maison de la culture Plateau-Mont-Royal, vit un rêve éveillé. Après l'Orchestre symphonique de Vancouver, l'Orchestre métropolitain du Grand Montréal vient d'interpréter une de ses compositions. Il sera au Festival Métropolis Bleu, à l'Espace Dell'Arte, le 23 avril prochain, pour une mise en musique d'œuvres des poètes José Acquelin et Yannick Renaud.
«Quand on joue ma musique, je suis chamboulé», déclare Éric Champagne. Le jeune compositeur n'en est pas revenu lorsque Yannick Nézet-Séguin l'a contacté, avant Noël. Pour interpréter une des pièces dans le cadre d'une série de concerts dédiée à la mémoire du père Fernand Lindsay. Au début du mois, pendant trois soirs, il a donc vu sa composition intitulée Il était beau comme Rimbaud jouée aux côtés d'œuvres de Haydn, Bartok et Dvorak.
Écrit en 2005, ce «poème symphonique imaginaire», tel que le définit son auteur, évoque l'image du poète maudit qui se bat contre les éléments. «On me dit souvent que ma musique est évocatrice, qu'elle fait penser à de la musique de film,», confie le musicien.
Les 28 et 29 mars, il était à Vancouver pour entendre jouer Miga, Quatchi & Sumi, une commande créée en prélude aux Jeux olympiques du Vancouver 2010 Winter Game’s Olympic Commissionnig Project. Le Montréalais originaire de Villeray a été sélectionné parmi des dizaines de jeunes compositeurs canadiens pour composer une œuvre évoquant l'esprit des JO.
«Je me suis inspiré des mascottes des JO pour créer une pièce très ludique évoquant l'atmosphère des cartoons», raconte le clarinettiste formé à l'Université de Montréal. Derrière le colosse se cache en effet une âme de grand enfant qui ne déteste pas jouer aux peluches avec sa petite sœur.
Sa prochaine création rejoint directement un univers qui lui est cher: celui de la poésie. Pour le festival Métropolis Bleu, il a conçu des musiques à partir de textes des poètes montréalais José Acquelin et Yannick Renaud. Pour le premier, il s'est inspiré d'une chanson interprétée par Kurt Weil. Pour le second, il s'est laissé guider par le thème du passage, du corridor.
Ces créations seront présentées le 23 avril prochain à l'Espace Dell'Arte, dans la Petite Italie, dans le cadre d'un collectif de cinq compositeurs jumelés à des poètes.
Le musicien travaille en ce moment sur un concerto pour percussion et orchestre à vent destiné à l'Harmonie de Laval et à l'Orchestre de l'Université McGill.
Aussi sur la table, un projet d'opéra B.D. au cabaret du Lion d'or avec la société de concert Code d'accès, spécialisée en musique contemporaine. Le projet initial visait à mettre en musique les célèbres Rubriques-à-brac de Gotlib. Les détenteurs des droits ayant refusé, les participants cherchent maintenant à convaincre un bédéiste québécois de leur confier son œuvre.
Éric Champagne apprécie son emploi à temps partiel comme assistant aux événements culturels depuis trois ans à la maison de la culture Plateau-Mont-Royal, une occupation qui lui laisse du temps pour se consacrer à la musique. «Cela me permet de découvrir diverses formes d'art et de sortir du petit monde de la musique contemporaine», indique le compositeur.
Il ne chôme pas pour autant, avec sa collègue Johanne Germain, agente culturelle. La maison de la culture de l'arrondissement est l'une des plus actives de Montréal avec une cinquantaine d'événements de toutes sortes – danse, musique, conte, peinture, etc.- organisées au cours des trois derniers mois. «Nous roulons énormément. Pourtant, notre maison est une des moins financées du réseau», indique-t-il. Comme quoi les cordonniers ne sont pas toujours les mieux chaussés.
(Photo: Jacques Pharand)