Justin Trudeau tisse sa toile dans Papineau
Les deux ans qui ont précédé son élection dans Papineau auront permis aux gens de la circonscription de mettre un nouveau prénom à la place de celui de son illustre père. Ces derniers mois, le jeune député libéral les a notamment passés à enfiler les rencontres avec les nombreux organismes communautaires impliqués dans son secteur.
Le Progrès Villeray a rencontré Justin Trudeau dans son bureau de la rue Faillon.
PV:Quels sont vos priorités, à court terme, dans le comté?
JT:«Il y a toujours des besoins immédiats: la sécurité alimentaire, l'assurance-emploi, notamment. Mais je considère que les vrais défis sont à long terme.»
«Par exemple, pour être plus efficaces, les organismes communautaires devraient avoir un financement de base qui leur assurerait une certaine stabilité et leur permettrait de mettre leurs énergies dans leurs causes. Je suis sur le CA de Katimavik: chaque année, on ne sait pas si on va avoir les fonds pour continuer... »
PV:Quels sont les dossiers chauds qui trônent sur votre bureau?
JT:«Le projet de centre communautaire et de résidences adaptées à la clientèle de la Maison des sourds, sur Crémazie. Aussi la Jarnigoine, qu'on doit soutenir pour qu'elle poursuivre sa mission en alphabétisation...»
«Il y a aussi le CRIPHASE, le seul organisme au Québec qui aide les hommes victimes d'agression sexuelle dans leur enfance. C'est une belle réussite dans Villeray en terme d'innovation: ce n'est pas facile d'amener des hommes adultes à faire face et à admettre de telles blessures. Mais eux aussi sont toujours sur la corde raide, côté financement. C'est le genre d'organisme qu'il est important de soutenir.»
PV:Quelle aide tangible pouvez-vous leur apporter?
JT:«Je peux vérifier si nos organismes sont admissibles aux différents programmes fédéraux disponibles, entre autres. Je pense aussi qu'en apportant mon appui à des projets, je peux leur donner un certain poids. Par exemple, j'ai demandé en Chambre au gouvernement fédéral pourquoi il n'avait pas accordé le financement nécessaire aux projets de la Maison des sourds dans le premier appel d'offres de cet automne. La mairesse Anie Samson, la Ville de Montréal et le gouvernement provincial appuient l'initiative: je vais mettre de la pression supplémentaire pour que le financement fédéral soit accordé lors de la deuxième ronde d'appels d'offres.»
PV:Disposez-vous d'une enveloppe discrétionnaire qui vous permettrait d'aider directement les organismes?
JT:«Malheureusement non. Les députés provinciaux comme Gerry Sklavounos [député libéral de Laurier-Dorion] en ont une. Je déplore que ce ne soit pas le cas au fédéral.»
PV:Dans le contexte politique actuel, le fait que vous soyez le fils de Pierre Elliott Trudeau peut-il être un obstacle?
@A2:JT:«C'est certain que le gouvernement conservateur ne va pas nécessairement aider le député de Papineau à avoir des réussites dans son comté... Je me donne pour objectif de consulter les organismes communautaires pour que, au moment de faire valoir leurs intérêts, je sache quoi dire en leur nom.»
Que vous ont dit les gens de la circonscription pendant la campagne fédérale?
JT:«En particulier dans Villeray, bien des gens me disaient qu'ils étaient souverainistes et que je n'avais aucune chance qu'ils votent pour moi. C'est très bien. Mais en se parlant, j'ai vu que nous avions des points en commun et que les perspectives en santé, en environnement, sur l'économie sont souvent les mêmes. J'ai remporté avec 41% des votes, contre 38% pour Vivian Barbot: je me promets de faire grimper l'écart!»
Visiblement, Justin Trudeau tente présentement de resserrer les liens avec les organismes communautaires de sa circonscription. (Photo: Jacques Pharand)