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100 ans au service des gens

Olivier Arbour-Masse par Olivier Arbour-Masse
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Article mis en ligne le 7 décembre 2008 à 17:10
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100 ans au service des gens
Le Patro Le Prévost célèbre ces 100 ans. Son histoire se résume par celle des gens qui le fréquentent.(Photo:Éric Carrière)
100 ans au service des gens
Le Patro le Prévost en a vu passer des gens, depuis 1909. De tous les âges, de tous les milieux. À l'aube de son centenaire, le Progrès Villeray a cherché à connaître le secret de la longévité du succès du plus vieil organisme communautaire francophone de Montréal. Rencontre avec trois des multiples personnages qui font du Patro un milieu de vie fréquenté par plus de 6000 personnes par semaine.
Réunis dans la même pièce, Louis L'Heureux, 82 ans, Caroline Tremblay, 19 ans et Manon Éthier-Collin, 49 ans, discutent et rient abondamment. Ces représentants de trois générations totalement différentes ont un fort point en commun: le Patro le Prévost. Ce milieu de vie multi-générationnel dont ils parlent avec passion est au cœur de leurs vies.

«Ici, c'est ma deuxième famille», témoigne Caroline Tremblay. Aujourd'hui secrétaire à l'accueil au Patro, elle n'a aucun souvenir de la première fois où elle y a mis les pieds. Elle n'avait que quelques semaines alors que sa mère l'y a amenée dans le cadre de l'activité Madame prend congé qui permet aux mères de prendre quelques heures pour elles, en laissant leur poupon entre bonnes mains. Depuis ce temps, elle le fréquente assidument.

Confirmant le propos de Caroline, les retrouvailles du 15 novembre dernier ont rassemblé près de 500 anciens et actuels membres, employés et bénévoles, venus retrouver leur «deuxième famille».
Développer ses compténces
«Tu peux tout essayer au Patro et ça te permet de développer tes compétences dans divers domaines», rapporte Manon Éthier-Collin pour expliquer pourquoi cet organisme est si marquant dans la vie de ceux qui le fréquentent.
Pour sa part, Mme Éthier-Collin se souvient très bien de sa première fois au Patro. «J'avais 10 ans et mes voisins m'ont amené avec eux en me disant «viens voir, c'est ben l'fun»». C'était en 1969, la première année où les filles ont été admises. Depuis ce temps, elle a continué de fréquenter assidument le Patro, si bien qu'elle en est aujourd'hui directrice générale.

Pour imager la force du lien qui unit les gens au Patro, elle cite l'exemple d'un ancien, désormais établi en Allemagne, qui a fait un saut au Québec uniquement pour être présent aux cérémonies du 15 novembre.
«Une usine à bonnes personnes»
«Le Patro a fait de moi un homme au lieu d'un bum. Ça m'a empêché de faire mes mauvais coups», rapporte Louis L'Heureux qui a commencé à fréquenter le Patro en 1931, à l'âge de 5 ans. À l'époque, les religieux qui supervisaient les jeunes garçons s'adonnaient aux diverses activités sportives vêtus de leur soutane!

Après avoir siégé sur le conseil d'administration du Patro pendant 25 ans, il ramasse aujourd'hui des fonds pour l'organisme. Pour son bénévolat, il a reçu le prix de la Gouverneure générale du Canada en 2000. Il avoue que son sens de l'organisation et son leadership, il les doit au Patro.

«C'est une usine à créer des bonnes personnes», renchérit la directrice générale. En effet, par les loisirs qu'il offre, le Patro inculque aux gens des valeurs humaines, seul héritage catholique que les religieux de Saint-Vincent-de-Paul, communauté à l'origine de cet organisme, ont laissé. Après la création d'un conseil d'administration en 1969 et la nomination, en 1999, de Mme Éthier-Collin comme première directrice générale laïque, le Patro s'est laïcisé.
Un marchand de souvenirs
Dans les nombreux loisirs offerts, tous y trouvent leur compte avec le nombre et la diversité des activités sportives, culturelles, sociales et communautaires. De quoi animer une vie et l'influencer positivement.
D'ailleurs, Caroline, Manon et Louis se plaisent à se rappeler de bons souvenirs. «Quand j'avais des mauvais résultats à l'école, ma punition c'était «pas de Patro»», explique la jeune dame de 19 ans. «Moi aussi!», se souvient M. L'Heureux. Comme quoi le Patro a su s'adapter aux différentes époques pour demeurer un lieu apprécié des jeunes et des moins jeunes et dont la popularité est grandissante. Et ce, sans jamais déroger de sa mission première: la création d'un milieu de vie.

C'est depuis 1979 que le Patro a pignon sur rue dans Villeray. Fondé par père Émile Picher dans un modeste sous-sol d'église, il a changé d'adresse à plusieurs reprises avant de passer au feu en 1977. À ce moment-là, l'organisme aurait pu disparaître si ce n'avait été de la détermination de ses membres. «On était découragé, mais je me suis dit «Le Patro, c'est plus que des murs, c'est des gens» et on s'est mis au travail pour se trouver un autre toit», se souvient Louis L'Heureux, résumant ainsi l'essence de l'organisme.
Festivités
Pour son centenaire, une foule d'activités sont organisées. De quoi célébrer pendant une année complète! Entre autres, une soirée fan club du Canadien sera mise sur pied le 19 février pour fêter du même coup le centenaire du Patro et des Glorieux.
Une fois les festivités terminées, de grands projets attendent la direction du Patro le Prévost qui souhaite développer un centre de pratiques artistiques pour amateurs, agrandir la bibliothèque et accueillir le Centre de la petite enfance Graffiti qui déménagera prochainement. Des plans pour durer un autre 100 ans!

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