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Une vie de marionnettes

Olivier Arbour-Masse par Olivier Arbour-Masse
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Article mis en ligne le 29 novembre 2008 à 9:00
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Une vie de marionnettes
André Laliberté développe depuis 35 ans son bébé, le Théâtre de l'œil. (Photo: Éric Carrière)
Une vie de marionnettes
André Laliberté est à la marionnette ce qu'Obélix est à la potion magique: il est tombé dedans quand il était petit. La formule est clichée, mais l'histoire de ce pilier de la marionnette québécoise est loin de l'être. Intrusion dans le monde de celui qui fait bouger le pantin.
Un grave accident peut changer à jamais la vie d'un adolescent. À 13 ans, André Laliberté est confiné à l'hôpital pendant plusieurs mois. C'est lors de cette période difficile qu'il fait la rencontre de sa vie. La troupe de Micheline Legendre, seule compagnie de théâtre de marionnette au Québec à l'époque, vient alors divertir les enfants malades le temps d'un spectacle. «Ça m'a fasciné! C'était la première fois que j'en voyais live», se souvient M. Laliberté.

Les marionnettes lui trottent dans la tête pendant un an, jusqu'à ce qu'il rencontre, par hasard, Micheline Legendre. Dès l'âge de 14 ans, il commence à travailler pour elle.

Fasciné par les marionnettes, c'est désormais lui qui les anime! Comme travail d'été au début, il tire sur les fils jusqu'à l'âge de 24 ans pour cette compagnie théâtrale.

«J'ai fait un peu comme les apprentis, au Moyen-Âge», philosophe-t-il. En effet, comme il n'existait pas d'école de marionnettes au Québec dans les années 1960, il a appris son métier auprès d'un artisan, comme le faisaient les jeunes, du 5e au 15e siècle.

En 1973, à l'âge de 27 ans, il choisit de voler de ses propres ailes dans le monde de la marionnette en fondant Le Théâtre de l'œil avec l'aide de Francine St-Aubin.

Jouant au départ dans des gymnases d'école, disposant de peu de moyens, la troupe a finalement pris de l'ampleur pour s'établir progressivement comme un pilier dans le domaine. Elle fête cette année son 35e anniversaire. Et la passion de son fondateur ne s'essouffle pas pour autant.
Rester jeune
Une vie passée dans les marionnettes fait-elle de M. Laliberté un éternel enfant? «On garde toujours notre enfant en nous, avance-t-il, ses lunettes rondes bien campées sur son nez. Mais ce qui permet de rester jeune, c'est que rien n'est fini. Tout est possible avec les marionnettes.»
Les possibilités de formes et de techniques infinies, voilà ce qui garde André Laliberté les deux mains dans le monde des marionnettes. «C'est comme si on était le Bon Dieu. On crée un monde à chaque fois et on n'a aucune limite», relate-il.

Et cette liberté laissée à l'imaginaire passionne les enfants encore aujourd'hui, à l'heure des populaires dessins animés et jeux vidéo. «Comme le théâtre traditionnel, les marionnettes sont un moment unique vécu avec le spectateur. C'est un instant qui ne se produit qu'une fois», témoigne André Laliberté pour expliquer l'intérêt des jeunes pour la chose.

D'ailleurs, c'est en grande partie pour ce public captif que le directeur artistique du Théâtre de l'œil baigne encore, à 72 ans, dans ce processus de création. «La paie, c'est de voir les enfants sourire après le spectacle», rapporte-t-il.

Et pour cette paie, André Laliberté a tout fait à l'intérieur de sa compagnie théâtrale, de la fabrication de marionnettes à l'écriture en passant par la mise en scène et, bien sûr, le jeu, l'animation des pantins. Après un total de 45 ans dans le monde des marionnettes, 23 créations à l'actif de sa troupe et plusieurs prix, il ne voit pas le jour où cette fantastique aventure s'arrêtera.
Spectacle et rencontre dans Villeray
La plus récente création du Théâtre de l'œil, la pièce Ah! la vache, arrêtera sa tournée québécoise à l'Auditorium du Patro Le Prévost, le dimanche 30 novembre, à 15h, au 7355, rue Christophe-Colomb. Écrite par Javier Swedzky, elle allie le théâtre traditionnel et les marionnettes.

Avant d'assister à cette représentation, il est possible d'en apprendre plus sur le parcours d'André Laliberté et de son Théâtre de l'œil lors d'une rencontre-causerie qui se tiendra le mercredi 26 novembre, à 18h, au Centre Jean-Marie Gauvreau, au 911, rue Jean-Talon Est, bureau 006.

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