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Georges-Vanier refait cavalier seul

Réouverture de l'école Père-Marquette

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Article mis en ligne le 5 septembre 2008 à 11:04
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Georges-Vanier refait cavalier seul
Bien qu'ils se soient accommodés de leurs visiteurs, les élèves de l'école Georges-Vanier sont visiblement heureux de retrouver leur espace. (Photo : Éric Carrière)
Georges-Vanier refait cavalier seul
Réouverture de l'école Père-Marquette
Les étudiants de Georges-Vanier ont pu reprendre pleine possession de leur école la semaine dernière, alors qu'ils ont entamé la rentrée 2008 sans avoir à partager leurs locaux avec les élèves de l'école Père-Marquette. S'étant déroulée sans anicroche, la cohabitation aura duré un an et demi.
En décembre 2006, un incendie majeur ravage l'école secondaire Père-Marquette, située dans La Petite-Patrie. Écartant l'idée de séparer les élèves au beau milieu de l'année scolaire, la direction de l'établissement s'adressé à l'école secondaire Georges-Vanier afin de trouver refuge pour ses 1200 élèves. 800 d'entre eux s'installent dans les locaux de l'institution de la rue Jarry. « Nous avons dû réagir rapidement. Après quelques discussions, nous avons convenu de fonctionner à double horaire, soit que les élèves de Georges-Vanier allaient avoir cours de 7 h 30 à 12 h 30, et que ceux de Père-Marquette occuperaient les locaux de 12 h 30 à 17 h 30, et ce, sans pause pour le lunch. La conciliation des horaires a été difficile pour les familles, sans compter l'arrimage des transports. Ça a été un vrai casse-tête jusqu'en juin 2007 », confie Marc Prescott, directeur de l'école Georges-Vanier. Rappelons que ce n'est que lors de la rentrée de septembre 2007 que les élèves ont été mêlés, bien que les classes n'étaient pas mixtes; les élèves de chacune des écoles étaient séparés et conservaient les mêmes enseignants.

De toute évidence, ce qui figure aujourd'hui comme un bel exemple d'organisation à travers la province n'aurait pu se réaliser sans le travail de concertation effectué entre les administrations d'écoles, les organismes communautaires du quartier, les gestionnaires de l'arrondissement, les services policiers et la Société de Transport de Montréal (STM). « Tous ont collaboré. Les organismes ont planifié des activités, les services policiers assuraient la circulation et la sécurité, et la STM avait mis sur pied des navettes spéciales d'autobus et de métro pour pallier la situation. Les professeurs et les élèves ont également fait preuve d'une belle coopération. Ils ont été très généreux, et ont appris de belles valeurs de partage avec la cohabitation. D'ordinaire, les élèves sont plus territoriaux qu'on le pense », explique M. Prescott.
Une logistique sans faille
De l'ajout de mobilier à la gestion de l'occupation des locaux, en passant par l'établissement de sens uniques dans les couloirs, la logistique d'une telle cohabitation a nécessité plusieurs ajustements de part et d’autre. « Au début, les parents étaient craintifs. Ceux de Père-Marquette avaient peur que leurs enfants perdent du bagage académique, ou qu'ils n'aient pas leur place, tandis que ceux de Georges-Vanier redoutaient que leurs enfants soient mis de côté. Ce sont les réunions où nous avons eu le plus de parents! Heureusement, tout s'est bien déroulé, et nous avons fait des interventions autour des groupes problématiques. Il n'y a eu aucune bataille; les confrontations se sont faites sur le plan des sports. Par exemple, lors d'un match de soccer opposant les deux écoles, il y a eu une assistance record, mais la joute a été amicale. À la fin, on ne voyait plus beaucoup de différence entre les élèves des deux écoles, des amitiés et des couples s'étaient formés », poursuit le directeur.
« Les élèves ont fait preuve d'un bel esprit de solidarité. On leur reproche souvent qu'ils ne s'impliquent pas socialement, mais ils ont été contents d'aider. C'est certain qu'ils sont aussi contents de reprendre leur école, et de ne plus avoir de pirouettes d'horaires. L'école va redevenir une école de quartier…Un proverbe africain dit que ça prend un village pour élever un enfant. Bien ça prend toute une communauté pour tenir une école debout. L'apprentissage se poursuit hors de ses murs », affirme pour sa part Sylvie Rochette, présidente du conseil d'établissement.
Confort supplémentaire
Après avoir subi le double de l'usure durant un an et demi, l'école Georges-Vanier s'est refait une beauté durant la relâche estivale. « Nous avons conservé certaines parties du mobilier, et tout repeint. La cohabitation aura amené des choses intéressantes pour l'école, par exemple l'agrandissement de l'agora, qui demeure telle quelle », spécifie Marc Prescott. Ayant retenu le meilleur de cette situation de crise gérée sans faille, les enseignants pourront quant à eux retrouver des élèves plus détendus. « Ça va amener une dynamique différente pour les 2-3 prochaines années. Des liens se sont créés, et les élèves apprécient maintenant leur espace, de même que le fait d'avoir plus d'attention de la part du personnel, qui n'a plus autant de problématiques à gérer, notamment lorsqu'il est question des files d'attente qu'il y avait parfois dans l'école. Les élèves apprécient désormais qu'on leur dise bonjour et qu'on prenne deux minutes pour discuter avec eux le matin dans des corridors qui leur paraissent vastes », conclut-il.

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