Le Chindaï ressemble à un mélange de capoeira, de yoga, et de tai chi.
- (Photo: Éric Carrière)
Cultiver son équilibre
Des élèves qui jouent dans une cour d’école, ça se remarque. Quand ils sont silencieux et font une série de mouvements en même temps, c’est impressionnant! C’est exactement ce qui s’est passé mercredi dans la cour de l’école Saint-Gabriel-Lalemant. Les enfants étaient réunis pour clôturer plusieurs semaines d’apprentissage de la discipline Chindaï.
Le Chindaï vise à libérer le potentiel des individus et des groupes, tout en favorisant le sentiment d’être utile et responsable. Son but est de fournir une meilleure oxygénation du corps et un meilleur équilibre dans l’espace, d’accélérer le processus de récupération après un effort ou un échec, d’aider à se détendre et à se rendre disponible, de diminuer l’anxiété et l’agressivité, tout en incitant à la concentration, à la meilleure gestion des forces, et a libérer la créativité, la capacité d’action et le sens de l’initiative.
«Nous travaillons vraiment à contrer la violence et aider à régler les insécurités des enfants», explique Olivier Béraneck, instructeur Chindaï.
La plateforme nationale de Chindaï à Montréal, qui a pignon sur rue dans le Mile End, a commencé son entrée dans diverses écoles montréalaises, surtout au primaire, et est arrivée au Collège Stanislas l’an dernier. Les classes participantes ont eu une rencontre avec instructrice Chindaï et ont ensuite commencé à appliquer la discipline une fois par semaine, à raison d’environ vingt minutes. Le but ? Faire de la classe un lieu de sérénité pour l’enfant évoluant dans son espace vital.
«L’enfant regarde, développe ses cinq sens, et montre un état d’esprit ouvert. Ils embarquent dans cette aventure qu’on leur propose», évoque Dodik Gedouin, aussi instructrice de Chindaï. «On voit rapidement une solidarité entre les élèves plutôt qu’une compétition et on voit qu’ils ont plus confiance en eux et s’appuie les uns sur les autres plutôt que de se comparer», ajoute M. Béraneck, ravi des effets à court et long terme chez les enfants qui pratiquent le Chindaï.
Malgré le beau temps, les parents présents, les cris de la cour d’école voisine, les écoliers ont participé de manière générale avec concentration, calme et silence. «Apprenez à vivre dans le silence, c’est intéressant», souligne l’instructeur, avant de demander aux enfants de fermer les yeux, de faire le bruit du vent en expirant et en se concentrant.
Concrètement, le Chindaï, né en France, et ayant un pôle central au Canada et des antennes en Inde et en Suisse, ressemble à un mélange de capoeira, de yoga, et de tai chi. Les exercices peuvent se faire en classe, assis ou debout, c’est selon. La discipline fait appel aux énergies de l’eau, de la terre, de l’air et du feu. Et les jeunes aiment ça! «Parfois, j’en croise au supermarché ou dans la rue et tout de suite ils prennent la position», raconte en souriant Mme Gedouin.