Claire Morissette, la fondatrice de Cyclo Nord-Sud, a rendu l'âme après avoir consacré de nombreuses années dans l'avancement de la place du vélo dans la vie des Montréalais.(Photo courtoisie)
Dernier hommage à une grande environnementaliste
Plus de 130 personnes ont participé, le 16 août dernier, à une soirée commémorative en l’honneur de Claire Morissette, la plus grande militante cycliste de l’histoire du Québec, décédée en juillet dernier, après une longue et vaillante lutte contre le cancer.
Parents, amis et compagnons de ses combats pour la vélorution se sont réunis dans l’entrepôt de Cyclo Nord-Sud, organisme mis sur pied par Claire Morissette il y a huit ans et qui depuis a expédié plus de 22 000 vélos en Afrique et en Amérique latine. Tous souhaitaient rendre un ultime hommage à cette femme exceptionnelle, et souligner ses grandes réalisations.
Robert Silverman, qui l’a côtoyé au sein de l’organisation Le Monde à Bicyclette pendant plus de 25 ans, a relaté quelques-unes de leurs victoires, notamment la construction de la passerelle sous le pont Victoria, le premier lien cycliste entre la Rive-Sud et l’île de Montréal.
Des démarches afin de nommer cette passerelle en l’honneur de Claire Morissette ont d’ailleurs été entamées. André Lavallée, maire de Rosemont–Petite-Patrie, Michel Labrecque, conseiller municipal dans Mile-End et Normand Parisien, de Transport 2000, aussi venus rendre hommage à Mme Morissette, ont d’emblée donné leur appui à ce projet.
Suzanne Lareau, directrice de Vélo Québec, est venue témoigner de la force de caractère de Mme Morissette. Elle a aussi assuré le soutien de Vélo Québec dans le projet de nommer la passerelle «Claire Morissette», mais a avoué que, dans son cœur, c’est la nouvelle piste cyclable sur la rue Maisonneuve à Montréal, qu’on inaugurera en novembre prochain, qui portera le nom de Claire. En effet, dès la fin des années 1970, Madame Morissette et le Monde à Bicyclette organisaient leurs fameuses actions poético-revendicatrices et réclamaient cet axe est-ouest pour les cyclistes montréalais.
Benoît Robert, directeur de Communauto, a pour sa part raconté les débuts de l’auto-partage à Montréal. Ayant entendu parler de cette idée originale, Claire a contacté M. Robert afin de prendre part à cette aventure, et c’est dans le salon de l’appartement de Madame Morissette, avenue de l’Esplanade, qu’est née ce qui aujourd’hui est une entreprise en pleine expansion, résolument tournée vers l’avenir.
À l'avant-garde
«Avant-gardiste» a d’ailleurs été une des nombreuses qualités qu’on a attribuées à Mme Morissette. Serge Mogeau, président des Éditions Écosociété, l’a relevé, en plus de mentionner la grande rigueur intellectuelle avec laquelle travaillait Claire Morissette, auteure de «Deux roues, un avenir, le vélo en ville», qu’il a publié en 1994 et qu’il publierait de façon intégrale si ce manuscrit lui était présenté aujourd’hui, près de quinze ans plus tard.
Au terme de cette soirée, les qualités de gestionnaire de Mme Morissette, sa persévérance, son enthousiasme, son humour et son esprit visionnaire ont été commémorés par les gens qui l’ont côtoyée de près ou de loin au cours de sa vie bien remplie.
Les personnes présentes ont aussi contribué à la poursuite de l’œuvre de Claire Morissette en devenant membres de l’organisme Cyclo Nord-Sud, qu’elle a mis sur pieds il y a huit ans et qui récupère les vélos inutilisés du Québec pour les envoyer en Afrique et en Amérique latine. À ce jour, ce sont plus de 22 000 bicyclettes qui ont pris le chemin du Sud, où des organismes communautaires les distribuent dans leurs communautés. Il était particulièrement important pour Mme Morissette, grande féministe, que cette œuvre favorise l’empowerment des femmes des pays du Sud, en leur donnant un accès écologique et économique à la mobilité.