Le Patro avait invité les enfants des camps de jour à exprimer par un dessin sur un chandail leur attachement à leur centre.
(Photo: Jacques Pharand)
Les centres communautaires «sur la corde raide»
Les centres communautaires de loisir du Québec sont financièrement sur la corde raide. Ils ont tenu à le rappeler au gouvernement Charest lors d'une journée de visibilité, le 30 juillet.
Réclamant l'indexation et l'augmentation de leur financement récurrent – la dernière indexation date de 2001 –, les 84 centres membres de la Fédération québécoise des centres communautaires de loisir (FQCCL) espéraient mieux. La ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, vient d'annoncer l'octroi d'une enveloppe de 250 000 $. Pour redresser la situation, la FQCCL demandait plutôt 2,3 millions. «C'est un pas, mais un très petit pas vers un financement décent», a commenté le directeur général de la fédération, Pierre Vigeant.
Depuis 2001, les coûts d'opération des centres ont augmenté de 10%. Les factures de chauffage, d'électricité, de téléphonie s'accroissent et les revenus stagnent. La précarité financière a des impacts, notamment en ce qui concerne la rétention du personnel, les salaires que l'on peut verser étant modestes. On fait des pieds et des mains pour maintenir une programmation et des services accessibles à tous.
La journée de visibilité du 30 juillet s'inscrivait dans les moyens de sensibilisation mis en place par les centres depuis l'automne 2006 pour rappeler au gouvernement la nécessité d'un rehaussement et d'une indexation annuelle de leur financement. L'objectif était de démontrer que les centres sont actuellement «sur la corde raide et qu'ils sont à sec».
Les membres de la FQCCL, dont le Patro Le Prevost et le Centre de loisirs communautaire Lajeunesse, avaient invité les enfants des camps de jour, avec l'aide de leurs animateurs, à exprimer par un dessin sur un chandail leur attachement à leur centre. Les chandails ont été épinglés à une corde à linge installée dans chacun des centres
Les centres apporteront leur corde à linge à l'Assemblée nationale en octobre prochain durant la Semaine québécoise des centres communautaires de loisir, indique la directrice générale du Patro, Manon Éthier-Rollin.
Le Patro reçoit de Québec un montant de 84 000 $ sur un budget total de 2,6 millions, signale Mme Éthier-Rollin. Cette somme n'a pas augmenté depuis plus d'une dizaine d'années, rappelle-t-elle. Le président du conseil d'administration du Patro, Claude Barbier, estime qu'une enveloppe de «260 000 $, 10%, du budget, ça aurait de l'allure».
De son côté, le centre Lajeunesse ne reçoit aucun montant.
(Photo: Jacques Pharand)
(Photo: Jacques Pharand)