VANCOUVER - Les immigrants atteints du VIH comptent pour une bonne part des nouveaux cas d'infection du virus au Canada et ils s'infiltrent dans les failles du système de santé, a prévenu un nouveau rapport.
Le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration envisage de faire du VIH une maladie à déclaration obligatoire. Le VIH n'est présentement pas classé comme tel et le virus n'est pas considéré comme un danger pour la santé publique. Une personne atteinte du VIH n'est pas tenue de le déclarer aux responsables de la santé publique.
Le rapport du Centre de lutte contre la maladie de la Colombie-Britannique conclut qu'environ 16 pour cent des nouveaux cas d'infection au Canada sont liés à des personnes venant de pays où le VIH est courant. Ces individus composent toutefois seulement 1,5 pour cent de la population canadienne.
Les données du rapport de 2005 indiquent que le taux d'infection est presque 13 fois plus important chez les immigrants des pays touchés durement par le VIH et leurs proches que chez les Canadiens.
La tuberculose et la syphilis sont considérées des maladies à déclaration obligatoire par Citoyenneté et Immigration Canada, mais le VIH est pour l'instant déclaré maladie "à signaler". Il n'y a pas de conditions obligatoires de suivi pour les immigrants dont le test est positif.
Le Dr Mark Gilbert, co-auteur du rapport, a fait valoir que l'objectif serait de rentrer en contact avec des immigrants qui ne sont pas nécessairement au courant que des services de conseils et des traitements sont disponibles.
Chaque province et territoire au Canada considère actuellement le VIH comme une maladie à déclaration obligatoire, contrairement à ce que fait le gouvernement fédéral.
Une porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada, Karen Shadd, a indiqué que les personnes responsables avaient pris connaissance du rapport et de ses recommandations. "Nous sommes en discussions sur les questions soulevées dans le rapport", a-t-elle confié.
Depuis 2002, Citoyenneté et Immigration Canada requiert un examen médical pour tous les immigrants et certains visiteurs, incluant un test de VIH pour les gens âgés de plus de 15 ans.
Ces examens sont suivis d'une consultation auprès d'un médecin si une personne est testée positive au VIH.
Un avocat de Toronto spécialisé dans les questions d'immigration a fait valoir qu'Ottawa devrait s'en tenir à cette façon de faire.
"Citoyenneté et Immigration Canada considère avec raison que ces personnes atteintes du VIH ne posent pas un danger pour la santé publique ou pour la sécurité", a soutenu Michael Battista.
Il a dit croire que faire du VIH une maladie à déclaration obligatoire représentait une intrusion dans la vie privée.
Entre 2002 et 2006, il y a eu 2567 requérants qui ont testés positifs au VIH au cours de leur examen obligatoire parmi les quelque 1,2 million d'immigrants accueillis durant cette période. De ces requérants testés positifs au VIH, 89 pour cent ont été déterminés médicalement admissible au pays.
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