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Dossiers sous haute surveillance

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 10 avril 2007 à 12:43
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Dossiers sous haute surveillance
Pour avoir accès à un dossier d'adoption, il faut franchir plusieurs étapes strictement encadrées. La clé repose entre les mains des centres jeunesse, qui centralisent les dossiers détenus autrefois par les orphelinats.
Pour avoir accès à un dossier d'adoption, la première étape consiste à contacter le centre jeunesse de sa région pour demander un sommaire d'antécédents sociobiologiques. Ce formulaire administratif comprend des informations comme la date et le lieu de naissance, et des données d'ordre général sur les parents (âge à la naissance, présence d'autres enfants, état de santé, etc.). Leur nom, toutefois, n'y figure pas.

Ceux qui souhaitent pousser plus loin les démarches déposent ensuite une demande de retrouvailles. Le centre jeunesse du territoire tente alors de localiser la personne recherchée en utilisant diverses bases de données, comme les fichiers de la Régie de l'assurance maladie du Québec, de l'état civil et des sociétés de généalogie.

Sur les 24 personnes employées par le service adoption du Centre jeunesse de Montréal, qui regroupe tous les dossiers d'adoption sur le territoire de la ville, deux se consacrent à ces recherches à temps plein. Le chef du service, Michel Carignan, estime à environ six mois le temps nécessaire en moyenne pour localiser une personne.

Une fois la personne retrouvée, un intervenant la contacte pour l'informer de la démarche en cours. Si elle est d'accord, des retrouvailles peuvent être organisées, toujours sous la supervision d'un intervenant social. Dans le cas d'un refus, par contre, il n'y a pas de deuxième demande possible.

Le centre jeunesse de Montréal gère plusieurs milliers de dossiers. Les archives se mettent peu à peu à l'ère du numérique: les vieux microfilms sont progressivement remplacés par des données informatiques.

D'année en année, le nombre des demandes tend à diminuer par un phénomène d'attrition naturelle. Entre 2004 et 2005, elles ont chuté de 13 %. «Les recherches d'antécédents portent surtout sur des naissances qui ont eu lieu entre les années 40 et 70. À partir des années 80, le visage de l'adoption s'est transformé au Québec. On a désormais recours à l'adoption en banque mixte et à l'adoption internationale», précise M. Carignan.

De nos jours, les abandons d'enfant à la naissance sont devenus très rares à Montréal. On en dénombre une dizaine par année. Les enfants à haut risque d'abandon sont quant à eux confiés à des familles grâce au programme de la banque mixte, pour être adoptés éventuellement par la suite. Une centaine de jugements d'adoption ont été rendus à Montréal dans ce cadre l'année dernière, soit un nombre équivalent aux adoptions internationales.

Selon M.Carignan, il est difficilement concevable de donner l'accès complet aux dossiers d'adoption. «Quand l'enfant a été confié à l'institution, un contrat de confidentialité a été établi avec le parent biologique. On ne peut pas modifier ce contrat sans s'assurer au préalable que la personne concernée est d'accord», estime-t-il.
Près de 30 % de réussite

En 2005-2006, sur 643 demandes adressées au service adoption et retrouvailles du Centre jeunesse de Montréal, 299 portaient sur des recherches d'antécédents et 334 sur des retrouvailles. De ce nombre, 93 ont abouti. Parmi les causes d'échec, 61 personnes contactées ont refusé de donner suite, 46 étaient décédées et 25 introuvables.

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