Le club attire des membres de tous les âges, des plus jeunes aux plus âgés.
(Photo: Éric Carrière)
Les Titans remontent sur le ring
Nouveau gymnase, nouvelle image
Oubliez l'image du boxeur qui semble tout droit sorti d'un film de gangsters. La boxe récréative est devenue le sport tendance des citadins qui souhaitent se maintenir en forme. Des bouts de chou aux aînés en passant par les jeunes femmes de carrière, ils sont nombreux à venir s'entraîner dans le nouveau gymnase des Titans, qui vient de rouvrir ses portes dans la Petite-Patrie.
«Autrefois, un gym de boxe, c'était intimidant. Tous les gars étaient des batailleurs. C'était rude comme ambiance», évoque Derick Kulibaba. Depuis la fin des années 90, les choses ont bien changé. L'image de ce sport a évolué et les salles d'entraînement se sont ouvertes à tous. «La boxe, c'est la nouvelle façon de se mettre en forme !» lance l'entraîneur.
L'été dernier, l'arrondissement a investi près de 40 000 $ dans la rénovation du chalet du parc Saint-Édouard, où s'entraîne le club depuis une vingtaine d'années. Les travaux ont duré cinq mois, et les activités ont repris récemment.
La transformation est spectaculaire. Plusieurs murs ont été abattus. On a ajouté une aire de musculation et réaménagé le bureau. Des planchers mieux adaptés à la pratique du sport ont été installés. On a doublé le nombre de sacs d'entraînement et aménagé une nouvelle aire de boxe.
Cette cure de jouvence donne une nouvelle image aux installations et par là même au sport qui y est pratiqué, estime l'entraîneur. «Nous voulons que le club soit le plus invitant possible !» Les heures d'ouverture ont d'ailleurs été étendues afin d'offrir de nouvelles plages d'entraînement les soirs de semaine. Les samedis matins sont réservés à la formation des entraîneurs, aux ateliers pour les enfants et à l'entraînement libre.
De 3 à 77 ans
La grande majorité des personnes qui fréquentent le club le font dans un but récréatif. «La boxe donne un air de confiance et permet d'être bien dans sa peau», affirme M. Kulibaba. «L'entraînement de type aérobique touche tous les aspects des systèmes d'énergie, de l'endurance musculaire au cardio en passant par la force. C'est très complet», souligne l'entraîneur.
Le club attire une clientèle très variée. Le plus jeune a 3 ans et le plus vieux… 77. Les filles ne sont pas les dernières à sauter sur le ring. Elles représentent près de la moitié des membres du club, qui a d'ailleurs pris soin d'aménager un vestiaire à leur attention, chose qui aurait été impensable il y a une dizaine d'années. Les entraînements sont mixtes. «Les filles aiment se mesurer aux gars», constate Simon Alexandre, un des bénévoles du club.
Plusieurs ados fréquentent le centre. En semaine, un enseignant de l'école secondaire Georges-Vanier, vient s'entraîner avec un groupe de jeunes un après-midi par semaine. Le samedi matin, le gymnase est envahi par les bouts de chou de 4 à 13 ans qui s'en donnent à cœur joie et en profitent pour dépenser le trop-plein d'énergie accumulé durant la semaine. Mais pas question de les voir livrer de vrais combats ! «On leur propose des exercices basés sur le jeu. Cela leur permet de développer la confiance en soi, la discipline et le contrôle de soi», indique M. Kulibaba, dont deux des garçons, âgés de 12 et 7 ans, fréquentent le club. Dans tous les cas, c'est l'aspect amical qui prime.
Une ambiance glamour
Derick Kulibaba est tombé en amour avec ce sport à l'âge de 12 ans, alors qu'il assistait à un gala de boxe. «C'était une ambiance très glamour, on ne voyait cela que dans les films», se souvient-il. En janvier 1986, il participe à la création des Titans. Il entame par la suite une carrière d'entraîneur qui le conduit notamment à accompagner le boxeur Claude Lambert aux Jeux olympiques d'Atlanta, en 1996. Il continue aujourd'hui à former d'autres entraîneurs.
Dans l'avenir, le club souhaite développer des projets en collaboration avec des organismes du quartier. «Tout le monde ici est bénévole. Ce ne sont pas les idées qui manquent mais plutôt le temps pour les réaliser», de déclarer Simon Alexandre
Si le club mise principalement sur l'aspect récréatif, il garde un œil ouvert sur la compétition. Plusieurs des jeunes prodiges de demain pourraient sortir de ses rangs. Déjà, un des jeunes espoirs du club, Vadim Stoliarenko, 12 ans, a remporté les plus grands honneurs dans la catégorie junior. Il faut dire que le club a derrière lui une tradition de grands noms de la boxe, tel Stevenson Adonis, passé récemment chez les professionnels.
Pour l'entraîneur, pas question toutefois de changer l'atmosphère conviviale du club. La boxe reste pour lui avant tout un loisir. «On a trop misé sur le côté spectaculaire de ce sport. On a accentué sur 5 % de la population et négligé tout le reste. Or, l'expérience nous démontre que l'avenir est dans l'entraînement et le récréatif», souligne-t-il.
Le club de boxe Titans est situé au 6777, rue St-André, Montréal. Infos : 514 872-3909.
(Photo: Éric Carrière)