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Vous avez toujours le choix

par Pascal LeBlanc
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Article mis en ligne le 27 juin 2008 à 17:37
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Vous avez toujours le choix
L’objectif du DVD interactif est de prévenir la criminalité et l’adhésion des jeunes de 11-12 ans aux gangs de rue. (Photo: Martin Alarie)
Prévenir l’adhésion aux gangs de rue
Vous avez toujours le choix
Le phénomène des gangs de rue continue d’alimenter régulièrement l’actualité. Généralement, le sujet se retrouve à la une des journaux ou dans les premières minutes des bulletins de nouvelles lorsqu’un incident dramatique relié aux gangs se produit. Toutefois, la couverture médiatique d’une annonce comme celle concernant un nouvel outil de prévention innovateur est très faible. Alors, parlons-en.
Le programme se nomme Gangs de choix et l’outil en question est un DVD interactif. L’objectif de celui-ci est de prévenir la criminalité et l’adhésion des jeunes de 11-12 ans aux gangs de rue. Par l’entremise d’activités animées par des intervenants en milieu scolaire, les élèves de troisième cycle du primaire apprennent à faire des choix éclairés qui correspondent à leurs besoins. À la manière d’une «histoire dont vous êtes le héros», les jeunes suivent le parcours de trois personnages confrontés à des situations où faire le mauvais choix pourrait avoir des conséquences négatives, telle l’adhésion à un gang. Sous un fond de musique urbaine, Alexis, Maria et James vivent les aléas quotidiens d’un élève du primaire, un peu à l’image de Watatatow ou Ramdam, mais sans l’excès de dramatisme.

Le 2 juin, l’école Cardinal-Léger – l’une des écoles pilote du programme Gangs de choix– accueillait tous les partenaires ayant participé au projet, ainsi que quelques représentants des médias. L’une des particularités du projet est qu’il s’agit d’une collaboration entre plusieurs intervenants, soit l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec (OCCOPPQ), la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), le Service de police de la Ville de Montréal et le Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire.

Psychoéducatrice à la CMSB, Julie Morin agit également à titre de chargée de projet à l’OCCOPPQ et a participé activement à la conception et au développement du programme Gangs de choix. «Notre démarche de réflexion est partie de la constatation qu’il n’existe peu ou même pas d’outil de prévention adressé aux jeunes de sixième année», mentionne-t-elle. «À partir de cela, nous cherchions ce qui pourrait être le plus pertinent et le plus attrayant pour les jeunes, car pour être efficace, nous devons capter leur attention.» Puisque cette clientèle a comme principaux divertissements les jeux vidéo et l’ordinateur, l’idée du DVD interactif semblait pouvoir fonctionner. La présidente de la CSMB, Diane Lamarche-Venne, croit aussi qu’il s’agit d’un bon moyen de rejoindre ces jeunes. «Je trouve ça amusant, c’est comme un jeu pour eux. Au-delà de cela, c’est assez difficile de les faire parler, car il faut d’abord attirer leur attention pour faire passer un message».
Un DVD avec bonus nécessaires
C’est justement lorsque les enfants sont en mode «réceptif»que la partie psychosociale du programme est abordée.
«Il faut savoir que le DVD à lui seul n’est pas suffisant, alors c’est pourquoi le programme comprend cinq rencontres dont une avec un membre du service policier», indique Mme Morin. «Idéalement, nous aurions besoin de dix rencontres, mais puisque ce sont des intervenants et non des enseignants qui les animent, nous en faisons cinq pour être réalistes.» Comme elle l’explique, les activités d’animation ne se veulent pas moralisatrices, mais visent plutôt à susciter la réflexion chez le jeune, afin qu’il prenne conscience de l’importance de faire des choix éclairés. «Nous revenons toujours au principe des besoins et des choix que nous devons faire dans la vie pour les satisfaire», explique Mme Morin.

Même si l’objectif du programme est de prévenir l’adhésion aux gangs de rue, le terme en soi n’est pas utilisé au cours du programme. «Cela pourrait entraîner des effets pervers et de toute façon, les enfants n’associent pas Gangs de choix aux gangs de rue, mais plutôt à un groupe d’amis de qualité», spécifie la psychoéducatrice. Certains font quand même le lien et comme Mme Lamarche-Venne le mentionne, il y en a quelques-uns qui sont familiers avec le phénomène. «À cet âge, ils voient les gangs de façon un peu abstraite, ils ne voient pas les conséquences. Leur espèce de naïveté leur empêche de prendre ça vraiment au sérieux.»

Ainsi, dans les choix qui sont proposés sur le DVD, quelques élèves plus à risque vont consciemment prendre le mauvais choix, par exemple aller participer à une bagarre plutôt que de jouer au basketball avec un ami. Pour Julie Morin, l’important est de faire réaliser à l’enfant jusqu’où il peut aller avant de subir les conséquences difficilement réversibles. La présidente de la CSMB, qui est aussi commissaire de la section Nord de Saint-Laurent, croit qu’il est important de valoriser le bon choix et de ne pas simplement identifier le bon du mauvais. «Il ne faut pas sous-estimer leur capacité à faire le bon choix, car ils le savent, mais dans certains cas, les jeunes voient un genre de gloire à faire le mauvais choix et à la longue ça devient normal. C’est cette attitude qui est troublante.»

«Nous n’avons pas la prétention de prévenir entièrement tous les problèmes reliés aux gangs, mais il s’agit d’un premier pas, souligne Mme Morin. Nous travaillons présentement sur une version anglaise du programme et nous réfléchissons aussi à bonifier celui-ci avec un volet parents.» Il s’agit d’un point très important pour Mme Lamarche-Venne, qui estime que la présence des parents et la nécessité que ceux-ci prennent leurs responsabilités sont essentielles si l’on espère faire des progrès et assurer un meilleur avenir à nos enfants.

(Photo: Martin Alarie)
Les gangs de rue à Saint-Laurent
- Une récente étude sur le réseau social des gangs montréalais menée par Karine Descormiers, chercheuse à la maîtrise à l’Université de Montréal, a révélé qu’un gang en particulier a élu domicile dans l’arrondissement. Il s’agit d’un groupe majoritairement asiatique affilié au Bloods nommé AYB-2.

- Le 20 juin, lors de son bilan mi-annuel du phénomène des gangs de rue, le Service de police de la Ville de Montréal a indiqué que les gangs de rue ont commis deux fois moins de meurtres et de tentatives de meurtre à Montréal cette année qu'à pareille date l'an dernier.

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