Pierre Falardeau et la députée de Bloc québécois dans Papineau, Vivian Barbot.
(Photo courtoisie)
«Il faut rendre ce pays ingouvernable»
– Pierre Falardeau
«Je suis membre du Bloc québécois et du Parti québécois. Ça me donne le droit de critiquer», juge Pierre Falardeau. Et critiquer la formation de Gilles Duceppe, le cinéaste ne s'est pas gêné pour le faire lors de son discours prononcé le 22 mai devant des militants réunis dans la circonscription de Papineau.
«J'ai toujours été pour le Bloc et je suis encore pour le Bloc, a lancé celui qui était l'invité de l'association locale du Bloc et de la députée Vivian Barbot. J'ai une admiration sans borne pour ces gens-là. Le problème, c'est qu'on dirait qu'ils se sont institutionnalisés. Des fois, je regarde aller le Bloc et il me déprime.»
«Le Bloc est trop gentil, a-t-il laissé tomber. Il faut rendre ce pays ingouvernable. Il s'occupe de choses dont il ne devrait pas s'occuper.» Quelles choses ? La guerre en Afghanistan, entre autres. Il reproche vertement au Bloc de faire dans ce dossier «une critique strictement canadienne». Le cinéaste est parcouru d'un malaise intense quand il entend le porte-parole du Bloc en matière de Défense, Claude Bachand, dire «nos soldats» quand il parle des militaires qui se battent à Kandahar. «Ce ne sont pas "mes" soldats, a vociféré Falardeau. On n'a rien à faire là. Les talibans ne m'ont rien fait. Le peuple Québécois n'a rien à faire là.»
Continuer la lutte
«Je suis toujours un peu déprimé quand je regarde la lutte pour l'indépendance», n'a pas caché Pierre Falardeau lors de son allocution.
Le sondage Léger Marketing-Le Devoir réalisé en avril dernier n'avait sûrement rien pour lui remonter le moral. Alors que 42 % des répondants ont indiqué qu'ils voteraient OUI à un référendum sur la souveraineté, contre 58 % pour le NON, on apprend que selon 63 % des personnes interrogées, le PQ devrait faire progresser la fédération canadienne, tandis que seulement 26 % estiment que le parti devrait maintenir le cap sur la souveraineté.
Déprimé, peut-être, mais ça ne l'empêche pas de souffler sur les braises tièdes. Il ne baisse pas les bras. «Il faut continuer cette lutte-là», a-t-il martelé. Lutter comment, alors que les deux partis souverainistes sont à ses yeux décevants ces jours-ci ? Le père d'Elvis Gratton se dit en faveur de «la création d'un mouvement pour pousser dans le dos du PQ et du Bloc».
«Ce qui m'intéresse, a-t-il expliqué c'est qu'on se batte collectivement pour l'indépendance. Il nous faut l'unité la plus large possible.»
(Photo courtoisie)