Le Patro mène bataille dans la guerre à la malbouffe. Depuis le mois de mars, deux de ses cinq distributrices proposent des aliments santé.
(Photo: Jacques Pharand)
Alimentation : le Patro prend le virage santé
Fini la malbouffe dans les distributrices
Fini les croustilles frites à l'huile, les gâteaux bourrés de gras trans et le chocolat. Place aux barres de céréales, aux croustilles cuites au four et aux muffins à teneur réduite en sucre et en gras. Le Patro Le Prevost a décidé de mener bataille dans la guerre à la malbouffe. Depuis le mois de mars, deux de ses cinq distributrices proposent des aliments santé.
«Le restaurant communautaire du Patro, L’Ange-Aimé, qui a comme mission d’offrir de la nourriture saine, n’est ouvert que du lundi au jeudi de 8h à 14h. En dehors de ces heures, les seules alternatives au niveau de l’alimentation sont les machines distributrices et le dépanneur du coin, explique la directrice générale du Patro, Manon Éthier-Rollin. Comme nous accueillons beaucoup de personnes – 6000 chaque semaine –, notamment des jeunes et des ados, nous souhaitions rendre notre offre dans les machines distributrices plus conforme à notre mission d’éducation et de sensibilisation.»
Mais ce n'est pas si simple. «J'ai dû travailler très, très fort», signale France Pothier, agente de développement chez Automates Prebec, l’entreprise qui gère les deux distributrices. «Les fournisseurs ne font pas leur travail, dit-elle. Mais il y a des efforts. Ça commence.»
Pas évident de dénicher des produits santé adaptés à la technologie des distributrices. «J'ai dû visiter beaucoup d'endroits pour en trouver», dit-elle, soulignant que le Patro est le premier client d'Automates Prebec à prendre le virage santé à 100 %.
Au Patro, on indique que «globalement, la clientèle est satisfaite» de ce changement de cap, «particulièrement les femmes et les parents». Le projet pilote semble conluant.
Jaune, bon; vert, excellent !
France Pothier s'est inspirée du guide produit par le gouvernement du Québec à l’intention des écoles pour orienter son choix d'aliments.
Et le consommateur sait exactement ce qu'il achète grâce à un système de points de couleur. Un point vert accolé à un produit signifie qu'il est excellent pour la santé. Point jaune : bon. Point blanc : à consommer occasionnellement. Sur les 35 aliments que l'on trouve dans les deux distributrices, seulement quatre tombent sous cette dernière catégorie. Un virage santé majeur, comme on le constate.
Légère baisse des revenus
Ce virage a-t-il eu un impact sur les revenus ? On le craignait, mais la diminution est légère.
«Comme les sommes générées par les ventes aux machines distributrices contribuent au financement du Patro, il existait une certaine inquiétude quant à la perte de revenus avec l’arrivée des nouveaux produits», avoue l'organisme.
«Nous avons été surpris des chiffres après à peine un mois, mentionne Manon Éthier-Rollin. Nous n’avons enregistré qu’une baisse de 10 % dans les revenus, alors que nous nous attendions à diminuer de moitié au début du projet».
Pour assurer une transition en douceur, «nous avons essayé de garder des prix abordables», note Kira Zoellner, responsable des communications au Patro. On s'est efforcé de choisir des produits équivalents que l'on pouvait vendre sensiblement au même prix.
Cette offre de nouveaux produits sera assortie d'une campagne de promotion d'une saine alimentation auprès des usagers du centre. Un atelier sur l’importance de faire de bons choix alimentaires est d’ailleurs déjà prévu cet été avec les adolescents.
Virage pour deux distributrices sur cinq, donc. Les trois autres appareils, gérés par une autre entreprise, offrent des boissons gazeuses, de l'eau et des jus. «Toutefois, le succès initial qu’a connu le projet pilote est encourageant et permet de croire qu’à moyen terme, le centre pourra éliminer entièrement la malbouffe et offrir des produits plus sains à ceux qui le fréquentent», fait savoir la direction du Patro.