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Petites Mains, grands projets

par Audrey Bourget
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Article mis en ligne le 22 février 2008 à 15:00
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Petites Mains, grands projets
Un employé de Petites Mains s'affaire à la coupe du tissu. (Photo: Jacques Pharand)
Petites Mains, grands projets
Quand on entre chez Petites Mains, les portes grandes ouvertes, les murs jaune soleil et l'accueil chaleureux donne une bonne idée du dynamisme qui y règne. L'entreprise d'insertion a emménagé dans Villeray il y a à peine quelques mois et déjà, de nouveaux projets foisonnent.
Après 13 ans passés dans le quartier Côte-des-Neiges, les locaux de Petites Mains étaient devenus trop petits pour l'envergure du projet. Le choix de déménager dans un quartier aussi multiculturel que Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension l'été dernier s'est fait tout naturellement. Le nouveau bâtiment est situé au 7595, boulevard St-Laurent, près de la station de métro De Castelnau. Le troisième étage comprend un atelier de couture, une salle de coupe et d'échantillonnage et les bureaux de l'administration. Le deuxième accueille des salles de formation pour l'enseignement du français, des ordinateurs et les bureaux des intervenants. Le premier étage contient l'accueil, le nouveau département de sérigraphie et très prochainement, la cafétéria et un café-comptoir ouvert au public.

Petites Mains est une entreprise d'insertion pour les femmes immigrantes, mais elle accueille aussi les hommes, explique Isabelle Boires, intervenante sociale pour l'organisme depuis 4 ans. Avec l'aide de plusieurs partenaires financiers, Petites Mains dessert de 600 à 700 personnes par année provenant de partout sur l'île de Montréal. Sœur Denise Arsenault, l'instigatrice du projet, avait comme but d'aider les nouveaux arrivants en leur apprenant un métier. Ce sont les premières participantes du projet qui ont soumis l'idée de la couture. Aujourd'hui, l'organisme offre également des services d'accueil, d'accompagnement, de francisation, d'orientation, de placement et de suivi. Mme Boires explique que les cours de français sont particulièrement populaires, parce que la connaissance de la langue est un élément nécessaire pour dénicher un emploi.

«Ce qui est important dans notre formation c'est que les gens apprennent des compétences transférables. La couture pour nous, c'est un moyen d'apprendre à travailler en équipe, à arriver à l'heure. Par ce domaine, on leur apprend comment travailler à Montréal», ajoute-t-elle. Nahid Aboumansour, directrice générale, insiste sur l'importance de travailler en partenariat avec le privé pour avoir une formation qui répond aux besoins du marché du travail, car «le but ultime est d'aider ces gens à arriver sur le marché du travail.»

Le tout nouveau département de sérigraphie commence à fonctionner tranquillement et l'ouverture du café-comptoir devrait se faire bientôt, donnant aux participantes de nouvelles expériences de travail et l'opportunité de côtoyer les clients qui font affaire avec l'organisme qui fait aussi de la sous-traitance dans le domaine de la couture. Mme Aboumansour assure qu'elle a un plan depuis 1994 et a toujours rêvé d'avoir un immeuble à plusieurs étages comme celui occupé en ce moment. Le seul projet qu'elle n'a pas encore réalisé est d'offrir un service de garderie aux participantes.

L'importance de Petites Mains est indéniable selon Mme Boires, surtout dans une ville multiculturelle comme Montréal. Les hommes peuvent s'intégrer grâce à leur travail, les enfants grâce à l'école, mais il n'y a rien pour rejoindre les femmes qui restent à la maison. Petites Mains leur permet de sortir de leur isolement. Eman Aly a bénéficié des services de l'organisme où elle travaille maintenant en tant que couturière. Elle croit que le rôle de Petites Mains est majeur parce que c'est très difficile pour un immigrant nouvellement arrivé de trouver du travail.

Mme Aboumansour invite tous les organismes du quartier à venir les visiter. «Nous sommes très ouverts à travailler avec eux», dit-elle, laissant sous-entendre qu'encore plus de nouveaux projets pourraient voir le jour prochainement.

(Photo: Jacques Pharand)

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