Le documentaire Un coin du ciel sera projeté à deux reprises le 30 janvier. (Photo courtoisie)
Aspirer à un coin du ciel
La maison de la culture Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension présentera le documentaire de Karina Goma, Un coin du ciel, le 30 janvier. Deux projections sont prévues à la salle de diffusion de Parc-Extension, à 13h30 et à 20h.
L'idée de départ est venue de la productrice, Monique Simard, explique la réalisatrice; une envie de témoigner de la diversité du quartier Parc-Extension, l'un des plus cosmopolites de Montréal. Le désir de «montrer le visage d'un Québec qui se métamorphose à grande vitesse», d'une ville «qui vit désormais à l’heure multiethnique».
Ayant déjà vécu à proximité du quartier, Karina Goma, fille d'un père d'origine égyptienne, a braqué sa caméra sur ce «village dans la ville où tant d’exilés rêvent de trouver un coin de ciel paisible à installer au-dessus de leur tête».
Le CLSC Parc-Extension, un endroit où «travailleurs et usagers des quatre coins du monde se croisent, s’entraident et apprennent à se décoder mutuellement jour après jour» sert de trame au documentaire. «On se doutait que le CLSC était un point névralgique du quartier», indique la réalisatrice.
Cet accès au CLSC a permis à la documentariste d'explorer «les méandres de l’intégration et le racisme ordinaire, le choc des cultures et la place rassurante de la religion dans la vie de plusieurs.»
Un coin du ciel aura nécessité une année de préparation et deux ans de tournage. Avant de tourner les premiers mètres de pellicule, il aura fallu gagner la confiance de ces femmes et ces hommes suivis durant plusieurs mois. «C'est un film de fréquentation, souligne Karina Goma. C'est un peu comme un démarche anthropologique.»
La réalisatrice nous raconte l'histoire de gens qui «vivent une véritable course à obstacles» : problème de logement, problème d'intégration, de reconnaissance des diplômes, etc. On suit la grossesse d'une femme immigrante. On fait la connaissance de ce fils de famille arménienne qui prend soin de son père âgé de 95 ans, rescapé du génocide. «Le film donne accès à de petits bouts de vie», signale Mme Goma.
On découvre cette travailleuse sociale native de Québec qui vit «un choc culturel dans son propre pays», mentionne la réalisatrice. Se pose pour elle «l'équilibre délicat entre ce qu'on est, ce qu'on prend de l'autre, nos valeurs». Comment «accueillir sans "disparaître"» ?
En tournant Un coin du ciel, a été témoin de beaucoup d'entraide, de solidarité. «Tout le monde se connaît. C'est un petit village dans la ville», dit-elle. « J'ai vu de l'espoir», confie d'autre part Karina Goma, qui croit que chacun peut «se reconnaître dans ces vies» – reconnaître le fil d'humanité qui nous relie.
Les résidants montréalais peuvent se procurer des laissez-passer au bureau administratif de la maison de la culture (911, Jean-Talon Est, bureau 229) ainsi qu'aux bibliothèques Le Prévost (7355, Christophe-Colomb), Saint-Michel (7601, François-Perrault) et Parc-Extension (421, Saint-Roch) en présentant une preuve de résidence. La salle de diffusion de Parc-Extension est située au 421, Saint-Roch.
Information au 514 872-6131.