Geneviève L. Blais signe la mise en scène de Blanc
Quelques mots reçus comme un coup de poing sur le plexus : «Maman
est à l'agonie». Plus que deux jours, peut-être trois … Prendre soin d'elle, lui tenir la main. Attendre. Confronter le silence. Ne pas pleurer devant elle. Comment affronter la mort de celle qui nous a donné la vie ? Douze femmes qui ont perdu leur mère nous invitent à partager avec elles une histoire dans Blanc, une pièce mise en scène par Geneviève L. Blais, qui prendra l'affiche du 8 au 26 janvier à la Salle Fred-Barry.
Cette production du Théâtre à corps perdus, présentée en codiffusion avec le Théâtre Denise-Pelletier, est la quatrième de la compagnie. On se souviendra qu'en 2006, en cette même salle Fred-Barry, Geneviève L. Blais, une résidante de Villeray, nous proposait Les Châteaux de la colère d'après le roman d’Alessandro Baricco.
Blanc, un texte d'Emmanuelle Marie, raconte l'histoire de deux soeurs qui se retrouvent alors que leur mère vit ses derniers instants dans la chambre d'à côté. Elles ne savent pas quoi dire, quoi faire. Derrière la porte, la mère, qui est à l'agonie, ne dit rien. Le père tarde à venir. Le médecin a simplement renouvelé la morphine. Et il est hors de question pour les deux soeurs d'appeler un prêtre. Elles sont seules, sans réponses. Elles attendent maladroitement, roulant des cigarettes et mangeant des tartines au chocolat. Les minutes, les heures, les jours et les nuits passent. De leurs conversations anodines surgissent peu à peu leurs blessures profondes, les questions et les désirs trop longtemps tus. De la souffrance à la douceur paisible, en passant par le rire, leurs mots hésitants et leurs corps ébranlés s'unissent dans un poème scénique empreint de vie et d'indicible.
La Salle Fred-Barry est située au 4353, Sainte-Catherine Est. Billetterie : 514 253-8974 ou 514 790-1245.
(Photo : Jacques Pharand)