Le lancement du livre s'est naturellement fait à la micro-brasserie Le Trou du Diable à Shawinigan en présence des médias nationaux. Bryan Perro dédicace ici l'exemplaire de son cousin Alex.
Photo L'Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay
L'identité québécoise par le prisme de ses monstres!
Bryan Perro présente les créatures mythiques méconnues du Québec
«Créatures fantastiques du Québec», le dernier-né de Bryan Perro, s'ouvre par une phrase judicieuse: «Tout ce qui peut être imaginé est réel», dixit Pablo Picasso. Quand l'auteur s'est installé à la dactylo, son livre, il l'avait déjà «dans le bras»: 15 années de patientes recherches consacrées à son sujet, dont un mémoire de maîtrise sur les loup-garous.
La maxime latine Scribidur ad narrandum, non ad probandum (on écrit pour raconteur, non pour prouver) s'applique fort bien aussi à ce grimoire où s'entrecroisent des personnages célèbres comme La Corriveau et le noyé du Lac des Piles.
«Au fond, je poursuis le même univers mythologique. Ça parle de nos racines, de notre imaginaire, du lieu où l'on vit, de qui on est.» Le lien s'établit facilement avec les personnages de la série jeunesse Amos Daragon. «J'aime les créatures fantastiques!»
À n'en pas douter, le public-lecteur d'Amos Daragon devrait le suivre dans cette nouvelle aventure, destinée à tous les âges. L'ouvrage est toutefois destiné au marché québécois uniquement.
À compulser l'abondante bibliographie, on constate que Perro a bien fait ses devoirs. À raison de quelques pages par créature, il fait découvrir à ses lecteurs que chaque région du Québec camoufle des êtres surnaturels, du Cochon bleu du Saguenay en passant par les sorciers de la Beauce, le Big Foot, traqué par Yvon Leclerc au Lac Saint-Jean, le Sauvage mouillé du Sault-au-Récollet, etc.
Si beaucoup de livres ont été consacrés aux légendes et au folklore québécois, aucun en revanche ne s'était consacré à ses personnages mythiques.
«Créatures fantastiques du Québec» est aussi une œuvre d'art en soi. Sa typographie et l'apparence du papier bruni par les âges donnent à croire qu'il est tout droit sorti du XVIIIe siècle. L'illustrateur Alexandre Girard a décoré les pages, toutes en couleurs, d'images évocatrices, de bouts de papier collés ça et là, ce qui lui confère aussi une facture moderne.
Le procédé a toutefois ses limites: ce plaquage hétéroclite téléscope souvent des paragraphes entiers de la matière première, ce qui complique la tâche du lecteur.
Une nouvelle série
Après 1,2 millions d'exemplaires vendus de 12 tomes, Bryan Perro a définitivement clos le dossier Amos Daragon. Le productif auteur refuse de s'asseoir sur ses lauriers, même s'il vit très bien de ses droits d'auteurs. Comme il le dit si bien, «un marché de 120 millions de personnes comme le Japon permet à un auteur de bien respirer au Québec.»
Il lancera l'automne prochain une nouvelle série de romans dans un nouvel univers. À quel groupe d'âge s'adressera-t-elle? Et quel est donc cet univers? Sur ces questions, le colosse de Saint-Mathieu s'éclipse tel un loup-garou à la pointe du jour…
Photo L'Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay
Photo L'Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay