Le parc région de l’Île-de-la-Visitation, dans le quartier Ahuntsic, ne fait pas exception en matière de terrain contaminé.
(Photo: Jacques Pharand)
Des terrains contaminés au coin de chez vous
Une église construite sur un sol contaminé ou encore une garderie, des jardins communautaires et des habitations également. Cela frappe l’imagination beaucoup plus qu’un terrain occupé par une station-service. D’anciennes activités industrielles ou des occupations antérieures sur certains terrains dévoilent leurs secrets plusieurs années plus tard en matière de contamination.
Hochelaga
Le château Dufresne figure au nombre des bâtiments répertoriés par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs dans le Répertoire des terrains contaminés de Montréal. Sur le terrain du 4040, rue Sherbrooke Est, on y répertorie la présence d'hydrocarbures aromatiques polycycliques et des hydrocarbures pétroliers C10 à C50.
À l'Atelier d'histoire d'Hochelaga-Maisonneuve, qui loge au château Dufresne, on s'étonne de ce fait. «Le château a été construit en 1917 sur des terres inoccupées, précise Stéphane Tessier. Les activités industrielles se déroulaient en bas de la côte, à proximité des voies ferrées, et non sur le site du château».
Toujours dans le quartier Hochelaga, le terrain de l'école Rosalie-Jetté, sur la rue Bossuet, recèle dans son sous-sol des hydrocarbures pétrolier C10 à C50.
Ahuntsic
Le Centre de détention de Montréal, 800, boulevard Gouin Est, mieux connu comme la prison de Bordeaux, est construit sur des sols contenant des hydrocarbures pétroliers C10 à C50.
L'ancienne église Sainte-Rita, devenue un centre communautaire, au 655, rue Sauriol, est aussi construite sur des sols qui renferment des hydrocarbures aromatiques polycycliques ainsi que des hydrocarbures pétroliers C10 à C50.
Le ministère répertorie également du benzène, de l'éthylbenzène, du toluène et des xylènes à la Place Fleury, au 2085, rue Fleury Est.
Le parc régional de l'Ile-de-la-Visitation, le long de la rivière des Prairies, ne fait pas exception. On y répertorie du cuivre, du plomb et du zinc.
On trouve sur le site des jardins communautaires Saint-Sulpice du cuivre, de l'étain et des hydrocarbures aromatiques polycycliques. Monique Beausoleil, toxicologue à la Direction de la santé publique de Montréal (DSP), mentionne que la couche supérieure du sol est composée de bonne terre. Dans un avis émis le 1er mai 2006 et mis à jour le 7 mai 2007, la DSP «considère que la culture de plantes comestibles (légumes, fruits, fines herbes) peut se poursuivre et qu’aucune intervention de réhabilitation des sols ne serait nécessaire».
Là où la DSP a émis des réserves, pour la consommation des produits de jardinage, concerne la qualité de la terre de culture. Par exemple, le jardin communautaire Baldwin, sur le Plateau-Mont-Royal, ne possédait qu’une couche d’une trentaine de centimètres d’épaisseur. Les racines et radicelles de certains légumes peuvent se rendre plus profondément, atteignant les couches inférieures de terre contaminée. D’où l’avis de non-consommation émis à l’été 2006.
Rosemont
Le Répertoire des terrains contaminés recense 24 jardins communautaires où les analyses révèlent la présence de terre contaminée. Dans le quartier Rosemont, on trouve entre autres le jardin communautaire Lafond avec un mélange d’arsenic, de cadmium, de cuivre, d’étain, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, d’hydrocarbures pétroliers C10 à C50, du manganèse, du nickel, du plomb et du zinc.
Le jardin communautaire Rosemont contient des hydrocarbures aromatiques polycycliques et du manganèse; le jardin communautaire Préfontaine de l’arsenic, du baryum, du cuivre, de l’étain, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des hydrocarbures légers, des hydrocarbures pétroliers C10 à C50, du plomb, du soufre total et du zinc.
Villeray
La coopérative d'habitation La perle de Villeray, au 1240, rue Villeray, est construite sur un terrain où le ministère a répertorié des hydrocarbures aromatiques polycycliques et hydrocarbures pétroliers C10 à C50.
Quant au parc Villeray et les jardins communautaires Villeray, on y recense: cuivre, étain, hydrocarbures aromatiques polycycliques, hydrocarbures pétroliers C10 à C50, plomb et zinc.
(Photo: Jacques Pharand)