La Maison des Grands-Parents de Villeray, ça ne vous dit rien? Ça vous inspire l'image d'un lieu de rencontre où les aînés boivent du thé en mangeant des petits gâteaux et font la sieste après avoir joué aux cartes ? Détrompez-vous. Depuis maintenant 15 ans, cette maison dynamique et pleine de chaleur permet aux aînés d'enrichir la vie de la communauté, de rapprocher les générations, de briser la solitude, de soutenir les familles.
Pour souligner ce quinzième anniversaire, l'organisme situé au 8078, Drolet invite la population à une journée portes ouvertes qui aura lieu le 7 novembre de 13h à 19h. Ce sera l'occasion pour les visiteurs de rencontrer les aînés et de les observer en pleine action auprès des jeunes. Une belle opportunité de «mieux se faire connaître», indique la directrice générale, Clémence Racine.
Lors du passage du
Progrès Villeray, la maison bourdonnait comme une ruche. À 15 ans, elle dégage l'énergie propre à l'adolescence. «C'est beau!», s'exclame Lucille Girard, qui a cofondé l'organisme avec Jacqueline Desjardins et Danielle Métras. «On a planté un petit arbre. Là, il est mature», constate avec bonheur Mme Desjardins.
L'idée d'une maison des grands-parents a commencé à germer au début des années 1990 alors que Lucille Girard et Jacqueline Desjardins, déléguées de la Fédération de l'âge d'or du Québec au dossier de la famille et membres du Club de l'âge d'or Le Pélican, constataient que l'aîné n'était pas représenté au sein de la famille.
«Il y avait une forte tendance à nous mettre de côté, les aînés. Nous avons décidé de nous affirmer, de reprendre notre rôle de grands-parents», confie Mme Girard. Pour elle, il fallait contrer quatre grands «i»: l'isolement, l'inutilité, l'inactivité et l'insécurité. «Il y avait beaucoup d'aînés isolés. La Maison des Grands-Parents a permis de les sortir de leur isolement avec des activités qui leur convenaient», dit-elle.
Dès les premières heures, les deux initiatrices ont invité les aînés du club Le Pélican à embarquer dans l'aventure. Mais elles se sont heurtées à l'indifférence des trois quarts des membres. Mme Desjardins se souvient de la réponse : «On ne va pas là. On a assez travaillé dans notre vie. On veut s'amuser». Mais bien vite, ils ont découvert un formidable lieu d'épanouissement qui s'offrait à eux. «On les a gagnés par la suite», se remémore Mme Desjardins. «Ils sont presque tous venus nous rejoindre», confirme Mme Girard.
Aujourd'hui, autour de 80 bénévoles sont actifs de façon régulière au sein de l'organisme, mentionne Clémence Racine. Ils y vont une fois par semaine et davantage pour plusieurs. «Il y en a qui sont là depuis le début», souligne la directrice. Aide aux devoirs, chant intergénérationnel, cuisines collectives, friperie, transmission des arts anciens (tricot, couture, tissage, etc.), les aînés animent toute une série d'activités destinées aux enfants, aux adolescents et aux parents.
«La Maison des Grands-Parents, c'était un projet innovateur. On a servi de modèle», lance Lucille Girard avec une pointe de fierté, précisant que depuis sa fondation, cinq autres maisons des grands-parents ont vu le jour dans la province.
Après 15 ans, la Maison des Grands-Parents de Villeray est bien enracinée dans le milieu. Et elle a de belles années devant elle. Les cofondatrices en sont convaincues. «On a dessiné un chemin. Les jeunes vont continuer.»
Pour en savoir davantage sur l'organisme, on visite le
www.mgpv.org ou on appelle au 514 383-9108.
(Photo : Jacques Pharand)