L'équipe du Carrefour jeunesse-emploi Centre-Nord, dont l'ouverture officielle a eu lieu mercredi dernier. (Photo: Régent Gosselin)
Ouverture du Carrefour jeunesse-emploi Centre-Nord
Dans l'arrondissement de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, 3700 jeunes vivent de l'aide sociale. Le taux de chômage est de 14%, le plus important à Montréal. Trente-cinq pour cent des jeunes âgés de 15 à 24 ans ne vont pas à l'école. «Je n'aime pas ces statistiques. Je n'accepte pas ces statistiques, a lancé le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos. Je veux qu'elles changent.» Le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) Centre-Nord, dont on vient de procéder à l'ouverture officielle, se donne pour mission de renverser la vapeur.
C'est en présence de partenaires, de jeunes et d'une brochette de dignitaires, dont le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, que le CJE a pendu la crémaillère, mercredi dernier.
Il s'agit du 20e CJE sur l'île de Montréal. L'arrondissement était le seul à ne pas avoir le sien. Il aura fallu plusieurs années avant que l'on s'entende sur un modèle. On a finalement opté pour un modèle décentralisé avec un point de service dans chacun des trois quartiers de l'arrondissement.
Les bureaux des quartiers Parc-Extension (7000, du Parc) et Saint-Michel (2733, Everett) sont ouverts. Reste celui de Villeray. Les choses tardent un peu. L'organisme Emploi Jeunesse, le partenaire du CJE dans le quartier, a lui-même un projet de relocalisation, a indiqué le directeur général du CJE, Ahmed Benbouzid, précisant que divers scénarios sont présentement étudiés.
«En attendant, a signalé M. Benbouzid, les jeunes de Villeray sont desservis à leur choix par les points de service de Parc-Extension et Saint-Michel.»
Le CJE accueille les personnes âgées de 16-35. Elles ont accès à des services gratuits d'aide à l'intégration sociale et professionnelle, quel que soit leur statut socio-économique. On y offre un éventail de services: accueil, référence, recherche d'emploi, orientation scolaire et professionnelle, entreprenariat jeunesse, lutte contre le décrochage scolaire.
«Le territoire du CJE se caractérise par un grand nombre de jeunes», a rappelé M. Benbouzid. Il y en a 46 000. Selon les plus récents chiffres, 41% des personnes vivent sous le seuil de faible revenu. Le revenu moyen est de 34 000 $, le plus bas à Montréal. Le taux de chômage est de 21% dans Parc-Extension. Ces chiffres «prennent des proportions encore plus inquiétantes chez les jeunes des minorités visibles», a mentionné M. Benbouzid.
«Il y en a du travail à faire. Ce n'est pas le boulot et les défis qui manquent», a confié la mairesse de l'arrondissement, Anie Samsom, qui a exprimé une volonté: «Que dans les dix prochaines années, on change les statistiques».
Pour Sam Hamad, «le CJE est une des réponses pour faire face» à cette situation. L'organisme est là pour «assumer un rôle d'acteur de changement auprès des jeunes. C'est une nouvelle porte qui s'ouvre devant eux», a insisté M. Benbouzid, soulignant que les CJE, dont la pierre angulaire est «le développement de l'employabilité», ont fait leurs preuves ailleurs au Québec. «C'est une expertise déjà confirmée», a-t-il dit.
Le CJE compte une équipe de 14 employés : des conseillers en emploi, des agents d'accompagnement, des conseillers en orientation. «Le jeune peut arriver à n'importe quel moment de la journée. Il trouvera un conseiller pour le rencontrer, faire un bilan, le référer», a expliqué Ahmed Benbouzid. Il y trouve de l'information sur l'emploi, peut consulter les offres d'emploi, il a accès à un ordinateur, à internet, au téléphone, au télécopieur, il bénéficie d'une aide à la préparation d'un curriculum vitae et d'une entrevue.
Tout est mis en œuvre afin «d'amener les jeunes à croire en leur potentiel. Qu'ils le mettent en valeur et le présentent aux employeurs», a souligné le directeur général.
Pour toute information sur le CJE et ses services, on appelle au 514 729-9777.