Soraya Martinez
(Photo d'archives)
Nouveau rapport de forces au conseil d'arrondissement
Avec Soraya Martinez qui siégera comme indépendante
Alors qu'en matinée du 17 septembre, le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoît Labonté, et le conseiller du district de Peter-McGill, Karim Boulos, claquaient la porte du parti du maire de Montréal, la conseillère du district de Saint-Michel dans l'arrondissement de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, Soraya Martinez, imitait leur geste quelques heures plus tard.
Sa démission modifie la donne au sein du conseil d'arrondissement. Union Montréal (UM) y détenait la majorité des sièges depuis les élections de novembre 2005. Le conseil est désormais formé d'une conseillère indépendante, de deux conseillers d'UM, Sylvain Lachance et Frank Venneri, et de deux membres de Vision Montréal, la mairesse Anie Samson et la conseillère Mary Deros.
«Je me posais déjà des questions depuis plusieurs semaines», a mentionné Mme Martinez. «Je trouve qu'il y a un manque de leadership», a-t-elle déclaré. Un constat qui rejoint celui de Benoît Labonté et Karim Boulos. «J'appuie leur diagnostic au sujet du leadership du maire», a-t-elle indiqué.
«Notre ville est en crise appréhendée permanente, notamment en ce qui concerne les finances, les hésitations, les décisions renversées et les actions mitigées dans les relations interculturelles et intergénérationnelles, a souligné Soraya Martinez. Le maire ne donne que des signes temporaires d’un leadership si nécessaire.»
Depuis son élection il y a deux ans, Soraya Martinez dit avoir senti peu d'appui de la part du maire dans des dossiers locaux. «Bien que l’avenir du centre-ville soit une chose très importante, je ne trouve, en haut lieu, aucune préoccupation à l’effet que les problèmes réels des autres arrondissements soient intégrés dans une vision d’avenir», a-t-elle dit. Développer de grands projets, oui, mais une ville se construit aussi «par ses petits quartiers, par ses petits projets. C'est ça qui fait un grand ensemble», a insisté la conseillère. «Mon élection en 2005 venait de l’espoir que l’équipe actuelle pose des gestes conséquents et porteurs pour l’ensemble du territoire de Montréal.»
Mme Martinez a déploré l'absence du maire sur le terrain, un homme difficile d'accès, «protégé par une garde fermée qui se préoccupe peu des élus», a-t-elle signalé. «Je suis conseillère associée au maire et je l'ai vu quinze minutes en deux ans.»
Joindre les rangs d'une autre formation politique ne fait pas partie des plans de Soraya Martinez. Elle compte poursuivre son travail à titre de conseillère indépendante. Alors que son nouveau statut viendra modifier le rapport de forces autour de la table du conseil, elle entend continuer son travail avec le même souci qui la guide depuis le début, a-t-elle expliqué: travailler pour les citoyens, pour le district, pour l'arrondissement.
Anie Samson estime que ces trois démissions viennent confirmer ce que soutient Vision Montréal. «Ça me rassure. On ne chiale pas pour rien depuis six ans. Ils [les conseillers démissionnaires] pensent comme nous», a commenté la mairesse, faisant référence au «manque de leadership du maire Tremblay» et au manque de réalisations de son administration. «Il y a de belles paroles, a-t-elle dit, mais pas d'actes.»
Quant à la dynamique au sein du conseil, Mme Samson, dont la formation était minoritaire jusqu’ici, partage le point de vue de Mme Martinez. «Il ne faut pas oublier le bien-être des citoyens au-delà de la partisanerie politique», a fait savoir la mairesse.
(Photo d'archives)