Marc Belley et Brigitte St-Onge ont eu l'initiative de mettre leurs déchets organiques en commun pour en faire du compost.
(Photo: Jacques Pharand)
Unis par le compost
Pas toujours besoin d'attendre après un programme gouvernemental pour agir. Un voisin qui possède une compostière, une voisine qui n'en a pas mais qui voudrait recycler ses déchets verts, il n'en fallait pas plus pour initier un projet de compostage communautaire.
Brigitte St-Onge et Marc Belley avaient déjà eu l'occasion de se croiser dans le cadre d'activités de quartier. En mai dernier, ils se rencontrent lors du Forum social de Villeray et discutent compostage. Naît alors l'idée d'un projet de compostage communautaire. Plutôt que de balancer ses déchets de table dans le sac à ordures, il est entendu que Mme St-Onge en nourrira la compostière de M. Belley.
Marc Belley a commencé à composter il y a deux ans dans son appartement avec une vermicompostière. Puis, il s'est procuré à l'éco-quartier de Villeray une compostière de jardin; un modèle bon pour une famille de quatre personnes.
Effectuant déjà la récupération du verre, du papier et du métal, il a fait subir une nouvelle cure minceur à son sac à ordures en décidant de recycler les déchets verts. «Il ne reste plus grand-chose dans le sac, dit-il. Ça fait une différence sur la quantité de déchets.» Et ça fait du bien à la planète. Une famille de trois personnes qui détournent les déchets verts de l'enfouissement, ça signifie une réduction annuelle de un huitième de tonne de gaz à effet de serre, souligne M. Belley.
Alors que l'objectif de Recyc-Québec est de parvenir à recycler 65 % de tous nos déchets d'ici l'an 2008, le compostage s'impose.
Et composter, ce n'est pas compliqué. Ça nécessite un tout petit coin du jardin. «Il s'agit d'un espace terrain d'un mètre carré au maximum», explique Marc Belley.
Produire son compost, c'est simple et ça ne cause pas de problème d'odeurs lorsqu'on s'y prend adéquatement. M. Belley se sert des feuilles mortes amassées à l'automne pour recouvrir la compostière et ainsi couper les odeurs.
Le compost qu'il produit lui sert à nourrir le sol de ses plantes, à enrichir les plates-bandes.
«Ça fera, le gaspillage!»
De son côté, Brigitte St-Onge envisageait tenter l'expérience du compostage depuis plusieurs années. Depuis le Forum social de Villeray, où l'idée de collaboration avec M. Belley a pris naissance, elle conduit ses déchets verts dans la compostière de ce dernier qui habite à un coin de rue de chez elle.
«Notre façon de procéder me permet de réduire de 70% mes poubelles conventionnelles!» lance Mme St-Onge. Récupération et compostage combinés: Brigitte St-Onge, qui habite seule, ne produit plus qu'un seul sac de vidanges par mois! «Ça fera, le gaspillage!»
Résidante de Villeray depuis une vingtaine d'années, Mme St-Onge a participé à l'instauration du recyclage dans le quartier. «Je suis une grande protectrice de l'environnement», déclare-t-elle fièrement.
Avec cette nouvelle initiative de compostage communautaire, elle souhaite ouvrir la voie à une plus grande application pratique de la conscience écologique qui se développe au Québec. «On le fait, entre autres, pour susciter la curiosité, informer et éveiller les consciences», poursuit-elle, espérant que l'engouement pour l'environnement qui plane sur le Québec depuis quelques mois ne soit pas qu'une mode, mais devienne plutôt un mode de vie.
«Les voisins me posent des questions lorsqu'ils me voient partir avec mon petit panier sous le bras pour aller porter mes déchets verts. C'est ce qu'on souhaite. On veut que ça fasse boule de neige.»
Brigitte St-Onge voit grand. Elle a de nombreux projets en tête pour faire de son monde un monde plus vert. «Une fois que tu manges bio, il y a d'autres choses à faire», plaide celle qui pratique la simplicité volontaire.
C'est ainsi qu'après avoir participé à instaurer le recyclage dans Villeray, elle souhaite faire de même avec le compostage. Comment? Elle planifie d'approcher l'arrondissement pour que les cloches de recyclage qui trônaient sur les trottoirs avant l'avènement des bacs domestiques bénéficient d'une deuxième vie à titre de cloche à compostage.
«Soyons un peu fous! Osons!», conclut-elle. Après tout, c'est l'avenir de la planète qui en dépend!
(Photo: Jacques Pharand)