Le retour en classe rime avec dépense pour les familles. Pour faire en sorte que la rentrée soit moins onéreuse, la CSDM a adopté une politique contenant des mesures pour réduire la facture liée à l'achat des effets scolaires.
(Photo: Jacques Pharand)
Effets scolaires : pour une facture à la baisse
Que les écoles fassent preuve de modération dans la confection de la liste des effets demandés aux élèves, favoriser la réutilisation du matériel, laisser aux parents le choix quant aux marques, offrir un soutien aux familles nombreuses ou en difficulté: la Commission scolaire de Montréal s'est donné une politique prévoyant des mesures susceptibles de faire en sorte que la rentrée scolaire soit moins dure sur le portefeuille.
L'adoption par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de la Politique d’encadrement des frais demandés aux parents faisait suite à une consultation menée auprès des parents, du personnel des écoles et d’organismes travaillant avec les familles.
«La rentrée scolaire entraîne des coûts importants pour les parents et bon nombre d’entre eux voient arriver le début des classes avec inquiétude. Fort conscient de cette situation, le Conseil des commissaires a décidé d’accentuer son action», explique le commissaire du quartier Villeray – Petite-Patrie, Kenneth George.
La nouvelle politique prône notamment la modération en ce qui a trait à la confection, par les écoles, de la liste des effets demandés aux enfants. «Le matériel demandé sera le matériel requis, nécessaire, sans plus, et on visera son utilisation optimale. Interdiction par ailleurs de demander des frais pour l’achat de manuels scolaires, grammaires, dictionnaires ou de balles de tennis», explique le commissaire du quartier Saint-Michel Sud, Tomas Arbieto.
«Les membres des conseils d’établissements des écoles qui doivent approuver ces listes ont été grandement sensibilisés à ce point», précise Kenneth George.
Réutilisation du matériel
Pour réduire le coût de la facture, on mise également sur la réutilisation du matériel encore en bon état, une mesure «clairement en cohérence avec le Plan vert de la CSDM», rappelle le commissaire du quartier Parc-Extension – Villeray, Guillaume Vaillancourt.
«C’est normal, correct et décent de réutiliser son cartable bleu encore en bon état plutôt que de le jeter et d’en acheter un nouveau. C’est le gaspillage qui est honteux. Pas la réutilisation», estime M. Vaillancourt. Selon lui, «l’école et la commission scolaire doivent soutenir un message positif face à la récupération».
Autre volet majeur de la politique: laisser aux familles le choix des marques. «Lors de notre consultation, mentionne Tomas Arbieto, les parents nous ont clairement indiqué que, lorsque les listes scolaires exigeaient des marques précises, cela était abusif.»
«Notre politique a choisi un bon équilibre, fait-il valoir. Elle interdit l’obligation d’exiger une marque précise, mais elle permet aux enseignants, à titre indicatif, de suggérer des articles qui sont, selon leur expérience, de bons achats.» Aux parents de faire ensuite leurs choix. Après tout, ce sont les mieux placés pour connaître leurs capacités budgétaires.
Soutien aux familles
La politique met par ailleurs l'accent sur la mise en place, dans les écoles, de mesures de soutien aux familles qui en auraient besoin.
Cet objectif peut prendre différentes formes, signale Kenneth George, qui donne en exemple la voie empruntée par une école. Par résolution du conseil d’établissement, il a été décidé que pour les parents ayant trois enfants ou plus dans cette école, l’établissement défrayera le coût des cahiers d’activités du troisième enfant et des suivants. Dans d’autres écoles, «ce sera la création d’une sorte de fonds de solidarité pour soutenir financièrement certaines familles», note M. George. «Notre politique traduit un message de solidarité entre les familles», dit-il. (A.D.)
(Photo: Jacques Pharand)