Il faut bien la mettre quelque part, toute cette neige!

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Louise Potvin
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« Déblayer la neige est pénible pour tout le monde et on se plaint souvent du mauvais travail de la Ville de Montréal. Mais parfois, elle fait parfaitement son travail et ce sont les citoyens qui sont fautifs. J'ai vu des commerçants déblayer leurs entrées de commerce et faire des monticules de trois à quatre pieds dans la rue, juste après le passage des déneigeuses », rapportait une lectrice, le 4 janvier, après une chute de neige de 25 cm.

Il faut bien la mettre quelque part, toute cette neige!

Cette dame devra probablement s'y faire, car si des règles existent, rarement le déneigement sauvage est-il puni.

Modus operandi

Question neige, chaque arrondissement est responsable de son mode de fonctionnement. Sauf pour les voies principales, les voies artérielles, comme on les appelle dans le jargon municipal, où là, les camions de déneigement relèvent de la Ville-centre.

Rues étroites ou commerciales, trottoirs, rues en pente; les élus doivent faire preuve d'initiative pour permettre à tous de circuler sécuritairement.

Mais voilà, lorsque le balcon déborde, que la voiture est ensevelie, que l'entrée du commerce est impraticable et que la ruelle a des airs de Noël d'antan, il faut bien entasser la neige quelque part.

Dans Villeray–Saint-Michel—Parc-Extension (VSP), on mise sur le gros bon sens et la collaboration de tous à chacun.

En début d'année, l'arrondissement présentait sa politique de déneigement, version 2010. À vue de nez, rien de bien nouveau par rapport au règlement qui prévalait au temps de l'ancienne ville.

En clair, on interdit aux citoyens de pousser, transporter, déposer ou déplacer la neige et la glace provenant du domaine privé sur le domaine public.

Pour les amendes, on suit la même règle que celle en vigueur pour le respect de la propreté: de 100 $ à 1000 $ pour une première offense. On double la mise pour les personnes morales, un commerce par exemple. « La nouvelle règlementation est entrée en vigueur officiellement au début de janvier: on comprend qu'aucune contravention n'ait été donnée à ce jour. Mais à l'arrondissement, on préfère miser sur le civisme des gens que sur les moyens répressifs », indique Claude Raymond, chargé de communication dans l'arrondissement de VSP.

Dans les faits...

Dans les faits, on tape rarement, voire jamais, sur les doigts des contrevenants. Le hic? Il faudrait un inspecteur derrière chaque citoyen.

Les policiers peuvent aussi sévir puisque cette infraction est inscrite au Code de la sécurité routière (une première offense coûte un minimum de 60 $ à un citoyen et 200 $, à un commerçant).

Mais pour agir, il faut qu'il y ait plainte, que les policiers prennent la personne sur le fait et que le plaignant témoigne en cours contre le contrevenant. « Pour qu'on donne une contravention, il faudrait qu'il y ait clairement excès », assure-t-on au poste 31 où on croit qu'aucune contravention de ce type n'aurait été donnée... ces dix dernières années!

Et quand on parle d'excès, on entre en pleine zone grise. « Nulle part, on ne détermine la quantité de neige problématique. On ne dit pas: "Au-dessus de trois mètres cubes, vous aurez un constat." Les règles sont floues. De toute façon, je doute que l'on en soit à donner une contravention à quelqu'un qui balaie la neige de son perron dans la rue ni que l'on reproche à quelqu'un d'enlever la neige sur sa voiture. Mais j'imagine que la situation est autre dans des arrondissements où l'on retrouve des maisons avec entrée de garage, Saint-Léonard, par exemple, où l'accumulation en façade peut être problématique », résume Michel Tanguay, chargé de communication dans l'arrondissement du Plateau–Mont-Royal.

Le Plateau cherche des pistes de solution... et de financement

L'administration du Plateau tente actuellement de trouver de nouvelles sources de financement pour boucler la ceinture. La neige pourrait en être une.

« Notre arrondissement figure parmi ceux qui font le plus remorquages lors des opérations de déneigement. L'argent va à la Ville-centre alors que c'est notre arrondissement qui assume les frais entraînés par ce ralentissement », indique le chargé de communication, Michel Tanguay.

L'équipe de Luc Ferrandez évalue la possibilité d'offrir un permis spécial pour obtenir un service de chargement de la neige. « Par exemple, une station-service pousse sa neige au coin de la rue? L'arrondissement pourrait lui offrir, moyennant un certain tarif, de s'occuper de le débarrasser de son monticule. »

Cette lucrative possibilité pour le Plateau est à l'étude.

L'idée pourrait peut-être sourire à d'autres arrondissements tels Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, où quelque 600 remorquages sont effectués à chaque opération de chargement.

Lieux géographiques: Arrondissement de VSP, Saint-Léonard, Mont-Royal Saint-Michel

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