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Nouveau rebondissement dans le conflit Action travail des femmes–Gaz métro.

Nouveau rebondissement dans le conflit Action travail des femmes–Gaz métro.

Nouveau rebondissement dans le conflit Action travail des femmes–Gaz métro.

Olivier Arbour-Masse
Publié le 21 Décembre 2008
Publié le 24 Février 2010
Olivier Arbour-Masse

Après 12 ans de démarches légales, Action travail des femmes (ATF) devra poursuivre son combat contre la discrimination du processus d'embauche chez Gaz métro. La demande d'appel de l'entreprise de distribution de gaz naturel a été acceptée le 4 décembre dernier.

Sujets :
Gaz Métro , Tribunal des droits de la personne , Société de transport de Montréal

L'histoire débute en 1995. Sept femmes appliquent chez Gaz métro sur des postes conventionnellement destinés aux hommes. Elles essuient un échec. Sentant qu'elles sont victimes de discrimination, elles se tournent vers Action travail des femmes, un organisme de Villeray dont le mandat est d'aider les femmes à trouver de bons emplois. Ensemble, ils déposent, en 1996, une plainte collective de discrimination systémique à l'embauche auprès de la Commission des droits de la personne.

Après plusieurs démarches, complications et 52 jours d'audition, le Tribunal des droits de la personne a déposé, en septembre dernier, un verdict de 173 pages donnant raison aux plaignantes et à Action travail des femmes: les sept femmes ont été écartées en raison de discrimination systémique fondée sur le sexe.

Dossier complexe

«C'est un dossier complexe, car la discrimination systémique, on ne peut pas la saisir comme telle», concède la coordonatrice d'ATF, Darline Raymond.

Ce type de discrimination peut être totalement involontaire, c'est-à-dire ne pas être motivé par de mauvaises intentions. Reste qu'il a des conséquences: au bout du processus d'embauche, un groupe (les femmes dans ce cas-ci) n'est pas représenté dans une entreprise dans la même proportion que dans le bassin de gens qualifiés pour ce poste.

D'ailleurs, selon la décision rendue en septembre, Gaz métro était contraint à implanter un programme d'accès à l'égalité pour des postes de préposé réseau, ou postes équivalents, à être accordés à 40% de femmes. De plus, la compagnie devait verser 220 000$ en dommages matériels, moraux et punitifs aux femmes lésées.

Mais voilà, Gaz métro porte la décision en appel. «C'est un entêtement à ne pas voir ce qui est visible, déplore Darline Raymond. C'est une absence de gros bons sens que je m'explique mal.»

L'exemple de la STM

Au terme d'une bataille juridique semblable menée par ATF, la Société de transport de Montréal (STM) avait accepté, à la fin des années 1980, d'adopter un programme visant à embaucher une proportion importante de femmes au poste de chauffeur d'autobus.

«La STM y a vu une occasion d'être un leader en matière de diversité de l'employés. C'est aujourd'hui une valeur ajoutée de l'entreprise», explique la coordonatrice d'ATF qui souhaiterait que Gaz Métro en face autant.

L'appel de la décision du Tribunal des droits de la personne signifie un allongement de la longue bataille qu'Action travail des femmes mène avec les plaignantes. L'audience d'appel devrait se faire d'ici un an au mieux, selon Mme Raymond. «L'égalité des hommes et des femmes a été reconnue par la charte des droits et libertés en 1975. On doit encore aujourd'hui se battre pour faire respecter cette égalité, reconnue il y a des dizaines d'années. Pendant ce temps, il y a d'autres choses qu'on ne fait pas», se désole la coordonatrice d'Action travail des femmes, un organisme qui travaille depuis 30 ans pour que les femmes aient leur place sur le marché du travail.

Parmi les combats auxquels Darline Raymond aimerait accorder plus de temps, figure la reconnaissance des diplômes étrangers, un dossier pour lequel ATF travaille depuis maintenant deux ans. Action travail des femmes devra toutefois attendre encore un peu avant de s'y consacrer à temps plein, le temps que le dossier Gaz Métro soit définitivement réglé.

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