Le hockey féminin en mode séduction

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Les filles jouent dans la cour des gars

Cette année, pour la première fois, l'Axion de Montréal joue contre des équipes masculines évoluant en ligues professionnelle et amicale. Une des facettes de la stratégie mise au point par l'organisation pour augmenter sa visibilité et du même coup attirer les commanditaires.

Le hockey féminin en mode séduction

En 2005-2006, les ventes d'abonnements ont augmenté de 70 % à l'Axion. Le nombre de spectateurs qui se sont déplacés pour voir les hockeyeuses évoluer sur la glace de l'aréna Étienne-Desmarteau chaque semaine a suivi la même tangente. Des résultats qui donnent aux organisateurs des raisons de se réjouir même s'il y a encore loin de la coupe aux lèvres en matière de hockey féminin. «L'Axion fait partie d'une ligue nationale de 13 équipes qui sont toutes en déroute», considère Patrick Poulin, directeur des ventes et de la mise en marché. La raison de ces difficultés ? «Chaque équipe se bat seule dans son coin. Il n'y a pas de stratégie commune», déplore-t-il.

Si le monde du hockey masculin roule sur l'or, du côté féminin, on en est plutôt réduit à racler les fonds de tiroir. Une situation qui amène parfois à des aberrations. «Afin d'avoir des revenus, nous sommes obligés de jouer à l'extérieur et de faire des matchs promotionnels dans d'autres villes au lieu de se pratiquer chez nous», dénonce M. Poulin.

Un fantasme chez les gars

L'organisation fait des pieds et des mains pour attirer des commanditaires. Une des stratégies mises en place en début d'année: faire jouer les filles contre des équipes masculines. L'avantage est double: le jeu des filles gagne ainsi en mordant et en rapidité, et cela permet d'augmenter les recettes.

«Il y a un fantasme chez les gars de voir s'ils seraient capables de battre des filles de haut calibre qui jouent au niveau olympique national», indique M. Poulin. L'équipe compte dans ses rangs plusieurs joueuses d'élite comme Kim St-Pierre, la gardienne vedette, qui s'est illustrée tant au niveau des Jeux olympiques que des championnats du monde, ou Jesse Scanzano, un des espoirs de l'équipe canadienne junior.

En janvier, les joueuses ont affronté les Légendes du hockey lors d'un match amical qui a réuni quelque 750 spectateurs. Les profits engrangés donneront un sérieux coup de pouce à l'équipe pour couvrir les frais pour la saison.

Nouvelle ligue

En 2006, une étape importante a été franchie avec la création de la nouvelle Ligue nationale de hockey féminin, la LNHF. Cette ouverture de la ligue d'est en ouest devrait contribuer à stimuler l'intérêt des amateurs. Cette année, pour la première fois, les équipes de l'Est affronteront celles de l'Ouest, réputées plus fortes. Dans cette confrontation, tous les espoirs sont permis pour l'Axion, qui a remporté la coupe Clarkson en 2005-2006, créée par l'ancienne Gouverneure général pour souligner l'excellence en hockey féminin au Canada.

Pourquoi aller voir des filles jouer au hockey à l'aréna ? «Pour la passion !», rétorque M. Poulin. «Les filles jouent avec le cœur plutôt qu'avec leur portefeuille», indique-t-il, faisant référence aux gros salaires dans la ligue de hockey majeur. Moins physique, le hockey féminin serait plus intelligent, plus stratégique. «On y voit de beaux jeux, bien planifiés. C'est intéressant pour les jeunes», déclare le membre de l'organisation de l'Axion.

L'équipe féminine de hockey montréalaise a donc de beaux jours devant elle. Parmi les projets à venir, Canal Vox songe à diffuser les matches des filles à la télévision. Des commanditaires importants, telle la chaîne Home Dépôt, ont manifesté de l'intérêt envers l'équipe.

L'Axion de Montréal affrontera Etobicoke le dimanche 25 février, à 13h, à l'aréna Étienne-Desmarteau.

Organisations: Axion, Ligue nationale de hockey féminin, Home Dépôt

Lieux géographiques: Canal Vox, Etobicoke

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