Debout à l’entrée de l’un des deux gymnases du complexe sportif Claude-Robillard, ou se tenait les rencontres de basketball, une dame, tout sourire, sert des mains et donne des tapes d’encouragements. Ses yeux scintillants ne cachent pas sa joie. Cette dame c’est Monique Lefebvre, fondatrice du Défi sportif. Elle aime ce qu’elle voit au fil des ans.
Le Défi progresse, les athlètes sont plus nombreux d’année en année et surtout, les préjugés tombent. « Il y a 20 ans, on ne pensait pas que la gymnastique rythmique ou le basketball pouvait être une discipline pratiquée par des personnes qui présentent une déficience intellectuelle, affirme Mme Lefebvre. Ce sont des sports qui demandent de la mémoire et de la coordination. On prouve toutefois que c’est possible », exprime-t-elle.
Parents handicapés
Née de parents handicapés physiquement, père souffrant de poliovirus aux jambes et mère manquant un bras, elle a grandi dans un milieu différent, mais pas inapte.
« Mon père a toujours fait du sport que ce soit la natation ou l’athlétisme. J’ai souvent été avec lui. J’ai eu l’exemple de mes parents. Ce sont des préjugés de dire que les personnes handicapées ne peuvent pas faire grand-chose », soutient celle, qui depuis 1981, dirige AlterGo. Il s’agit d’un organisme communautaire regroupant plus de 85 organisations de Montréal ayant une préoccupation pour l’accès au loisir des personnes handicapées, quelle que soit la déficience.
Image positive
C’est donc sous l’influence de ses parents et de son engouement pour le monde des loisirs que Monique Lefebvre décide de fonder le Défi sportif. Elle voulait permettre aux personnes, souffrant d’une quelconque déficience, de s’épanouir à travers le sport, dans le cadre d’un événement grandiose.
« Je veux créer une image positive des personnes handicapées et stimuler la pratique du sport. » Elle croit en la vertu d’un tel rendez-vous annuel. « Ça change des vies. On améliore leur quotidien. On rend ces personnes fières. Elles ont besoin de se retrouver avec leurs paires. »
Le Défi sportif se tiendra jusqu’au dimanche 1er mai. Près de 4000 athlètes, de toutes les déficiences, en provenance d’une vingtaine de pays seront de la rencontre. Pas moins de 270 clubs sportifs et 76 écoles primaires et secondaires y prennent part. On parle également de 375 entraîneurs, de 900 bénévoles et de 13 sports adaptés.

