Côté vaccination, actuellement, on suit la séquence. En termes clairs, la séquence est l'ordre de vaccination des groupes prioritaires pour le H1N1, liste dressée par les autorités en matière de santé publique.
Un ordre immuable. Les récents décès font cependant monter la tension dans la population. «Tous les jours, on reçoit des appels des gens de Villeray et de La Petite-Patrie qui nous demandent de l'information sur le virus», indique Sylvie Lanthier, chef du service des communications pour le CSSS du Coeur-de-l'Île. En 30 ans à naviguer dans le monde de la santé, la dame avoue n'avoir jamais vécu une pandémie d'une telle ampleur.
Ceux qui craignent les effets négatifs de la vaccination ont tort, témoignent en choeur Liza O'Doherty, directrice des soins infirmiers, et Mirabelle Kelly, spécialiste en microbiologie et présidente du comité de prévention des infections au CSSS du Cœur-de-l'Île. En fait, contrairement au vaccin de la grippe qui ratisse large pour s'assurer de tomber sur la bonne souche, le virus responsable de la grippe A a été isolé et ne contient donc que des antigènes du virus.
«Le vaccin ne présente que très peu d'effets secondaires, si ce n'est une chaleur dans le bras à l'endroit de l'injection, parfois de légers maux de tête ou de la fatigue.» Quant aux enfants, ils peuvent éprouver une simple fièvre, explique Mirabelle Kelly.
Respecter la séquence«Lorsqu'inoculé, le vaccin prend deux semaines à nous protéger véritablement contre l'infection», précise Mme O'Doherty. Mais rien ne sert de paniquer ou de demander à le recevoir plus tôt.
Le Patro Le Prevost est le seul endroit dans tout le CSSS où se déroule la vaccination. Et elle est déjà commencée. Les personnes immunosupprimées, atteintes de maladie pulmonaire, bref les malades en phase aiguë ont déjà reçu leur dose. Même chose pour les travailleurs de la santé, des services sociaux ou encore ceux des services essentiels, les pompiers et les policiers, par exemple.
Dès le 6 novembre, ce sera le tour des enfants de 0 à 6 ans, leur famille et proches aidants naturels. À partir du 9 novembre, ce sera le tour des femmes enceintes et les enfants de 6 mois à 5 ans et leurs parents. Suivront, le 16 novembre, les moins de 18 ans atteints de maladies chroniques et les 18 à 65 ans, aussi malades. Les personnes âgées auront accès au vaccin à compter du 23 novembre. «L'ensemble de la population pourra se faire vacciner dès le 7 décembre», indique Liza O'Doherty.
Le mot d'ordre demeure prévention. «Il faut que les employeurs donnent plus de latitude aux employés qui souffrent de fièvre ou soignent un proche, pour éviter que la maladie ne se propage. Aussi, il est important que les gens se reposent, pour mieux combattre le virus», évoque Sylvie Lanthier.
Aussi, on recommande le lavage fréquent des mains et des surfaces (table, poignée de porte, jouets, etc.) à l'eau savonneuse, car le virus peut vivre jusqu'à deux heures à l'air libre. Et tousser dans sa manche demeure une règle d'hygiène de vie à conserver en tout temps.
