C’est parce qu’elle s’est toujours intéressée aux questions relatives au VIH que Sabrina Stéa a choisi sa vocation. «L’une des raisons pour lesquelles je suis infirmière, c’est afin de savoir comment évolue le virus du VIH et comment on le gère. Au Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres au monde, le taux de virus est passé de 10% en 1990 à 1,4%. Je voulais savoir, comment avec une situation si différente de la nôtre, on s’en sort là-bas.» Visites médicales, soutien scolaire mais aussi nutritionnel et alimentaire, sur place, elle s’est occupée de femmes et d’enfants atteints ou susceptibles de l’être du virus du Sida. «Avec le VIH, les enfants sont plus prédisposées à la malnutrition», rappelle-t-elle.
Transfert de connaissancesCette expérience a permis à cette Villeroise d’adoption de faire tomber des préjugés et de transférer ses connaissances, ici au Québec. «On a beaucoup à apprendre de cette population. Souvent on pense que parce que l’on est pauvre, on a une image négative et pessimiste. C’est sûr que c’est difficile, il faut du courage et de la persévérance mais les femmes se rallient entre elles. Elles se soutiennent. Il n’y a pas de prix à cette solidarité. Ici, on a beaucoup de ressources mais les gens malades se retrouvent souvent seuls!»
Tisser des liens internationauxMme Stéa aimerait désormais créer un réseau entre le Burkina Faso et le Canada. Avec deux de ses collègues, elle travaille sur un projet de partenariat entre des familles africaines et canadiennes avec comme objectif de soutenir les enfants et femmes victimes du VIH sur place. «On ne veut pas juste envoyer de l’argent mais aussi sensibiliser et éduquer la population pour que l’on connaisse la situation sur place, particulièrement dans le domaine de la scolarité. On veut amener une certaine stabilité à travers des activités de sensibilisation et soutenir les familles là-bas en créant des liens de communication. On serait une sorte de tunnel de l’information», conclut-elle.
On contacte Sabrina Stéa à sabrina_stea@yahoo.it

