Pour les deux hommes, la pièce peut certainement contribuer à la réflexion sur le rôle du père dans la vie des enfants et dans la société. «Juste de voir un père [Benjamin Malaussène] se préoccuper vraiment de cela, sans pudeur, avec des vraies craintes et de vrais espoirs, on se sent vraiment impliqué. […] En parler donne de la légitimité au questionnement», souligne Vincent Magnant, citant au passage le fait qu’il est encore rare qu’on accepte qu’un père ne puisse pas travailler parfois parce qu’il doit aller chercher son enfant. «Ça avance timidement parce que la paternité confronte encore beaucoup de jeunes hommes. Ça vient d’où, ça se base sur quoi ? Qu’est-ce que ça confronte ? […]Le rôle de père est plus considéré et en même temps on essaie de le redéfinir de plus en plus parce qu’on découvre que le père a son importance, un rôle à jouer. […]On écoute de plus en plus d’hommes qui parlent de la condition de père et je souhaite qu’on en parle encore davantage parce qu’on reste encore dans les généralités. Il faut pousser ça plus loin socialement, il y a encore beaucoup de silence autour de la paternité. Ça reste un peu typé, typique, le "papa Châtelaine"», ajoute Marc Béland, sensible à la cause des pères.
Une première collaborationPour les deux pères complètement allumés par le texte, leur collaboration est une première, mais certainement pas une dernière.
«C’est Vincent qui m’a approché pour la mise en scène. Il devait sentir que j’aurais une intuition et une affinité avec le texte. La condition des pères et des hommes en général fait partie de mes préoccupations et je pense que plutôt que d’avoir fait appel à un metteur en scène expérimenté, on peut dire que notre travail repose sur l’expérience paternelle plus que sur l’expérience théâtrale. Ça s’inscrit dans la parole et la simplicité», élabore Marc Béland.
«Ça a été très simple, renchérit l’interprète de Benjamin Malaussène. Ça s’est fait naturellement et dans le plaisir, sans se torturer. À hauteur d’homme, de père.»
Marc Béland, qui est aussi acteur, a partagé son expérience pour comprendre intuitivement et ressentir l’exigeant défi du monologue. «Ce à quoi je dois faire attention est de ne pas le faire jouer comme moi je l’aurais joué. Je me méfie, ce que j’ai cherché et que je cherche toujours, c’est de rendre l’auteur le plus libre possible, le plus créatif.»
Selon les deux papas, les spectateurs doivent s’attendre à un texte qui s’adresse à tous, père ou non, jeune ou vieux, femme ou homme. «C’est une belle histoire qui nous est racontée, d’un être humain qui parle à d’autres êtres humains», signifie Vincent Magnat.
Connaisseurs ou non de l’œuvre de Pennac, l’envie de lire l’auteur et de mieux connaître la tribu du bouc émissaire Benjamin Malaussène se fera certainement ressentir en sortant du théâtre. En plus, malgré ses petits moyens, cette pièce a été couronnée de succès l’an dernier, et partira en tournée plus tard cette année.
<@Rbi>Monsieur Malaussène au théâtre<@$p>
<@Rb> Espace Go
Jusqu’au 29 septembre<@$p>


