La signalisation qui baptisera tous les espaces affirmera l’identité des lieux. Et ce, dès le 4 septembre, date de lancement officiel de la programmation 2012-2013. La grande salle deviendra par exemple «La Reine» et le studio «Le ring».
«On veut donner une couleur aux lieux», présente Annie Ranger, l’une des sept co-directrices du site. Cette dernière reconnaît que Les Écuries souffrent d’un manque de visibilité, malgré la volonté de se rapprocher des résidents.
«Les plus belles rencontres que j’ai fait étaient surtout avec des gens du quartier. Cinq minutes avant le début d’une représentation, ils décident de venir, parce que c’est proche à pied. Mais il n’y a aucun indice autour du métro Fabre pour indiquer le théâtre», déplore-t-elle.
Mme Ranger espère que le projet La Ligne Bleue,qui veut inciter le public à se rendre dans les lieux culturels en transport collectif, favorise le sentiment d’appartenance et de fierté des citoyens du quartier.
Elle rappelle d’ailleurs que les locaux peuvent être loués par des organismes communautaires du quartier et souhaiterait que le café soit ouvert vers l’extérieur.
Un théâtre pour les citoyens
«Le défi c’est d’amener des gens ici. Il y a une barrière à se rendre dans le lieu. On veut que notre théâtre soit comme un parc ou une bibliothèque et aller chercher des gens curieux. Notre programmation peut amener des gens que l’on ne veut pas mettre dans une boîte», expose Mme Ranger.
Pour y arriver, Aux Écuries propose plusieurs projets de médiation culturelle tout au long de l’année. Une troupe du centre des auteurs dramatiques fédérera des résidents du quartier autour de lectures, dans le cadre de la présentation de la pièce Ce Samedi il pleuvait, en avril prochain. Un projet en lien avec une maison des jeunes du quartier est aussi prévue en janvier, lors de la diffusion de la pièce Richard III, tandis que des jeunes du secondaires devraient participer au Festival du jamais lu.
«On veut que notre théâtre soit comme un parc ou une bibliothèque et aller chercher des gens curieux. » - Annie Ranger, co-directrice artistique
Théâtre multiforme
«Ce qui nous distingue des autres théâtres montréalais, c’est de présenter des formes éclatées. Les spectateurs de la pièce Just Fake It, qui met en scène une comédienne porteuse de trisomie 21, [présentée en octobre dernier] ont découvert une nouvelle forme de théâtre», rappelle Mme Ranger.
Dans cette volonté de sortir de la masse, le théâtre abolira sa grille tarifaire pour la représentation du spectacle Richard III. Le prix d'entrée sera basé sur une contribution volontaire dépassant 1$ !
«On veut pousser les spectateurs à se demander “Que vaut ma présence ici ? ”Cela s’inscrit dans le cadre de notre manifeste articulé autour de la marchandisation du produit culturel. On essaie de développer une réflexion sur la place de l’art dans notre société.»
Suivre les élections au théâtre
Le 4 septembre, le théâtre Aux Écuries ouvrira ses portes au public, afin de suivre la soirée électorale. «On ne se cachera pas que les avis politiques du monde du théâtre sont plus de gauche, mais le lieu est ouvert à tous», insiste la co-directrice Annie Ranger. La soirée débute à 18h.

