Le Festival Montréal nouvelle musique (MNM) 2009, c’est 24 con¬certs en 11 jours réunissant 54 compositeurs, 18 ensembles, une dizaine de chefs, 27 solistes, des conférences, répétitions publiques et plus de 400 musiciens d’ici et d’ailleurs. Il est encore temps de tendre l'oreille: l'événement prendra fin le 1er mars.
Encore une fois, Walter Boudreau et ses acolytes de l'Ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec, la SMCQ offrent au grand public la crème de la crème en matière de musique de création. Histoire de permettre aux oreilles de se familiariser avec la large palette de ce genre musical, le chef d'orchestre aux célèbres baskets rouges n'hésite pas à y accoler des références moins arides qui ont le chic de piquer la curiosité. Les Ligeti, Vivier, Xénakis et autres bonzes de la musique dite contemporaine attirent peu les foules? Agrandissons le cercle avec Raôul Duguay, Karen Young, Génésis, Emerson, Lake and Palmer, Yes...
Coup de génie pour attirer l'oreille des petits et des grands: Boudreau a fait appel au sympathique Raôul Duguay. Entouré de 7 solistes de la SMCQ et de 333 musiciens et chanteurs le public était convié dimanche, à l'église Saint-Jean Baptiste, à entonner les 53 motifs de l'œuvre In C (en do), de l’américain Terry Riley. Duguay est venu réchauffer les cordes vocales de tout ce beau monde et a interprété Cosmogonie, un texte de son cru venant se mouler aux motifs de Riley. Des chanteurs et musiciens se trouvaient parmi le public qui pouvait ainsi saisir plus facilement le motif à reproduire: Walter Boudreau devait réaliser le tour de force de faire avancer cette énorme machine humaine.
Mettre la tableL'événement de cette année met en avant-scène les mythes et légendes qui ont marqué nos civilisations: des oeuvres phares du XXe siècle ou encore des légendes amérindiennes mises en musique par nos compositeurs.
C'est qu'il faut jouer d'audace pour attirer son monde, car la musique de création ne fait toujours pas courir les foules, admet le chef d’orchestre. «Nous avons un rôle d'éducation à faire. Je dirais plutôt d'information, de dire aux gens: Voici, ce genre de musique existe dans le paysage musical. Le Festival est une occasion d'entendre de la musique de création. Il faut cependant être enclin à la découverte», dit M. Boudreau. Et il n'y a pas d'âge, assure le chef d'orchestre, rappelant au passage le succès du spectacle Fugue de la SMCQ, destiné au jeune public.
Faire sauter la baraqueL'invitation à l'exploration est donc lancée. Il reste encore quelques spectacles à venir. Par exemple, le mercredi, au Conservatoire de musique de Montréal à 20h, le Ives Ensemble des Pays-Bas présentera des œuvres de Xenakis, Feldman, Vivier et autres grandes figures du XXe siècle.
Le jeudi 26 février, la SMCQ fera sauter la baraque avec Hauts-Voltages, un concert hommage aux groupes rock anglais, des monuments de la musique progressive. Walter Boudreau partagera la baguette avec le Français René Bosc. Un heureux mélange des genres qui réunit la soprano Barbara Hannigan, les percussionnistes de Sixtrum et Les Petits chanteurs du Mont-Royal. «On voit où va la musique en regardant vers le passé. Et, une pièce comme Tarkus [ELP] qui a donné la chair de poule à toute une génération était, dans les années 1970, de la musique d'avant-garde», rappelle Walter Boudreau.
L'ensemble Bradyworks (Karen Young, Jean Derome) se produira le vendredi 27 février à 19 h 30, à la salle Pierre-Mercure.
