Bien que les signes de faiblesse physique commencent à se faire sentir, l'artiste-peintre est volubile lorsqu'on l'interroge sur les raisons de sa démarche.
«Abusive», «matraque», «inconstitutionnelle», les adjectifs se bousculent pour décrire la loi 78.
Par ce geste, qu'elle qualifie de «désobéissance pacifique», Mme Audet se veut «porteuse d'un message».
«Je souhaite que mon geste aille gratter le bobo, que le gouvernement comprenne que la loi touche les gens jusque chez eux. Qu'il y a un impact, que l'on soit étudiant ou non. Ce ne sont pas juste des étudiants qui sont dans la rue, ce sont les gens de 7 à 77 ans. Ça dépasse la hausse des frais de scolarité», fait-elle valoir.
Marik Audet envisage de retourner prochainement aux études, mais insiste sur l'aspect solidaire de sa démarche.
«C'est pas juste pour moi. Ça coûte moins cher à un pays d'avoir des gens éduqués.»
Un relais de la grève de la faim ?
Consciente que son geste individuel ne changera pas la face du monde, elle espère une réponse du gouvernement, voire la visite du député libéral provincial de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos. Suivie par une infirmière, elle poursuit son mouvement tant qu'elle est en mesure de s'occuper de ses enfants. Ensuite? Elle évoque un «relais de la grève de la faim à l'échelle du Québec».
«J'ai faim de démocratie, de paix sociale, d'un conflit qui se règle.» - Marik Audet
Quand on lui demande si ce n'est pas trop difficile de ne pas se nourrir pendant plusieurs jours, Sa réponse est sans appel: «J'ai faim de démocratie, de paix sociale, d'un conflit qui se règle.»
Les Villerois en colère
Le soutien au mouvement étudiant a pris de l'ampleur dans Villeray. Des centaines de Villerois se sont rejoints le 23 mai au coin des rues Jarry et Saint-Denis. Munis de leurs casseroles, ils ont manifesté leur appui au mouvement étudiant.
Notre vidéaste Sylvain Gagnon était sur place, une vidéo à voir

